A la Bastille, Mélenchon appelle au « printemps des peuples »…/… “Nous sommes le cri du peuple !”

SUR RUE89

A la Bastille, Mélenchon appelle au « printemps des peuples »

Ambiance de fête, envie de s’enthousiasmer, de rêver de gauche : place de la Bastille ce dimanche avec Mélenchon, des militants du Front de Gauche bien sûr, beaucoup d’électeurs qui voteront Hollande, d’autres qui ne savent pas. Ils sont venus « pour LE voir en vrai ».

Prudent, le Front de Gauche disait attendre 30 000 personnes ce dimanche à Paris pour l’appel à l’« insurrection civique » de Jean-Luc Mélenchon, le candidat « qui monte qui monte » dans les sondages (11% d’intentions de vote).

A 16 heures, ils annonçaient 120 000… Sur Twitter, des journalistes estimaient l’affluence à 50 000 personnes.

« Je vous appelle à commencer ce printemps des peuples »

A 17h30, Jean-Luc Mélenchon en avait fini de son discours –- seulement 20 minutes, les mauvaises langues annonçaient un discours chavézien – alors que la foule, heureuse et détendue, n’était pas prête de quitter le quartier.

Les points forts de l’intervention :

  • Grèce, Espagne et Italie : « Salut fraternel et solidarité au peuple grec qui pâtit, aux Espagnols, aux Italiens, à ceux qui ont sur leur tête le poids de l’oppression venu de l’abjecte troïka ». « 50 ans après la fin des combats en Algérie, je déclare au nom du peuple ici rassemblé : oui, la guerre est finie et nous ne permettrons pas qu’elle recommence ici, nous sommes une même famille ».
  • « Nous sommes à la bonne date, le 18 mars, commencement de la glorieuse commune de Paris. » « Nous répondons à notre tour à l’appel de Jules Vallès : “Place au peuple, place à la commune ! ”. » « Nous ne disons rien d’autre aujourd’hui. » Des centaines de drapeaux rouges et tricolores s’agitent devant lui. « Comme l’a dit Jean Jaurès, la grande révolution a rendu les Français rois dans la cité et les a laissés serfs dans l’entreprise. »
  • Euthanasie, droit du sol : Mélenchon égraine ses propositions. Sur la fin de vie, il annonce : « C’est nous qui mettrons dans la Constitution le droit de décider de sa propre fin et d’être assisté quand on le décide. » « En France, dorénavant, né sur la terre de France, Français ! Droit du sol intégral ! »
  • « Nous sommes le cri du peuple, des ouvrières et des ouvriers méprisés, humiliés et abandonnés, le cri du peuple, celui de la femme qui met un enfant au monde dans un camp de rétention. […] Celui de l’enfant qui n’a pas de toit et qui n’a pas d’instituteur lorsqu’il va à l’école. […] Je vous appelle à commencer ce printemps des peuples. »
  • « Nous sommes coresponsables de l’écosystème dans lequel vivent tous les êtres humains. C’est pourquoi nous appliquerons notre devoir envers l’humanité universelle : s’astreindre dans la Constitution à éteindre la dette écologique. Plutôt que la règle d’or […], nous appliquerons la règle verte. »
  • « Vive l’humanité universelle, vive la France, vive la République, vive la sociale. » « L’Internationale » retentit, suivie de « La Marseillaise ».

 Mélenchon-nous les uns les autres »

A 9h30, les premières banderoles et drapeaux étaient déjà accrochés place de la Nation.

Les messages du jour : « Prenez le pouvoir » et « Vive la VIe République ! », car si ce rassemblement se voulait « joyeux », selon les mots même du parti, il était une sorte de premier test politique pour la gauche.

Les sandwiches aux rillettes du stand du PC et les merguez (halal ? ) aidant, d’autres pancartes ont fleuri :

  • « Que les riches vivent plus simplement pour que les pauvres puissent vivre » ;
  • « Avec l’UMP, ticket chic à 4 euros » ;
  • « En 2012 prenons du poids » (Osons le féminisme) ;
  • « Mélenchon-nous les uns les autres ».
Prise de la Bastille 18/03/2012 à 12h45

A la Bastille, Mélenchon appelle au « printemps des peuples »

Zineb Dryef | Journaliste Rue89

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Place de la Bastille (@abrachet)

Ambiance de fête, envie de s’enthousiasmer, de rêver de gauche : place de la Bastille ce dimanche avec Mélenchon, des militants du Front de Gauche bien sûr, beaucoup d’électeurs qui voteront Hollande, d’autres qui ne savent pas. Ils sont venus « pour LE voir en vrai ».

Prudent, le Front de Gauche disait attendre 30 000 personnes ce dimanche à Paris pour l’appel à l’« insurrection civique » de Jean-Luc Mélenchon, le candidat « qui monte qui monte » dans les sondages (11% d’intentions de vote).

A 16 heures, ils annonçaient 120 000… Sur Twitter, des journalistes estimaient l’affluence à 50 000 personnes.

« Je vous appelle à commencer ce printemps des peuples »

A 17h30, Jean-Luc Mélenchon en avait fini de son discours –- seulement 20 minutes, les mauvaises langues annonçaient un discours chavézien – alors que la foule, heureuse et détendue, n’était pas prête de quitter le quartier.

Les points forts de l’intervention :

  • Grèce, Espagne et Italie : « Salut fraternel et solidarité au peuple grec qui pâtit, aux Espagnols, aux Italiens, à ceux qui ont sur leur tête le poids de l’oppression venu de l’abjecte troïka ». « 50 ans après la fin des combats en Algérie, je déclare au nom du peuple ici rassemblé : oui, la guerre est finie et nous ne permettrons pas qu’elle recommence ici, nous sommes une même famille ».
  • « Nous sommes à la bonne date, le 18 mars, commencement de la glorieuse commune de Paris. » « Nous répondons à notre tour à l’appel de Jules Vallès : “Place au peuple, place à la commune ! ”. » « Nous ne disons rien d’autre aujourd’hui. » Des centaines de drapeaux rouges et tricolores s’agitent devant lui. « Comme l’a dit Jean Jaurès, la grande révolution a rendu les Français rois dans la cité et les a laissés serfs dans l’entreprise. »
  • Euthanasie, droit du sol : Mélenchon égraine ses propositions. Sur la fin de vie, il annonce : « C’est nous qui mettrons dans la Constitution le droit de décider de sa propre fin et d’être assisté quand on le décide. » « En France, dorénavant, né sur la terre de France, Français ! Droit du sol intégral ! »
  • « Nous sommes le cri du peuple, des ouvrières et des ouvriers méprisés, humiliés et abandonnés, le cri du peuple, celui de la femme qui met un enfant au monde dans un camp de rétention. […] Celui de l’enfant qui n’a pas de toit et qui n’a pas d’instituteur lorsqu’il va à l’école. […] Je vous appelle à commencer ce printemps des peuples. »
  • « Nous sommes coresponsables de l’écosystème dans lequel vivent tous les êtres humains. C’est pourquoi nous appliquerons notre devoir envers l’humanité universelle : s’astreindre dans la Constitution à éteindre la dette écologique. Plutôt que la règle d’or […], nous appliquerons la règle verte. »
  • « Vive l’humanité universelle, vive la France, vive la République, vive la sociale. » « L’Internationale » retentit, suivie de « La Marseillaise ».

« Mélenchon-nous les uns les autres »

A 9h30, les premières banderoles et drapeaux étaient déjà accrochés place de la Nation.

Les messages du jour : « Prenez le pouvoir » et « Vive la VIe République ! », car si ce rassemblement se voulait « joyeux », selon les mots même du parti, il était une sorte de premier test politique pour la gauche.

Les sandwiches aux rillettes du stand du PC et les merguez (halal ? ) aidant, d’autres pancartes ont fleuri :

  • « Que les riches vivent plus simplement pour que les pauvres puissent vivre » ;
  • « Avec l’UMP, ticket chic à 4 euros » ;
  • « En 2012 prenons du poids » (Osons le féminisme) ;
  • « Mélenchon-nous les uns les autres ».

Dans Le JDD, le leader du Front de Gauche s’exaltait :

« Il fera beau. Mitterrand s’en occupe. Je crois aux forces de l’esprit. »

Et je re-Mélenchon

Sur son blog, le leader du Front de gauche avait écrit :

« Je sais que je marche vers un événement singulier, inédit, un accomplissement et un commencement. Un événement de campagne électorale et le début d’une nouvelle histoire, celle d’une insurrection civique. »

Peut-être sur « Je coupe le chon… et je re-Mélenchon ! » (sur l’air de « Louxor j’adore » de Philippe Katerine).

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SUR LE MONDE

Jean-Luc Mélenchon à Bastille : « Nous sommes le cri du peuple ! »

Le Monde.fr avec AFP | 18.03.2012 à 17h32 • Mis à jour le 18.03.2012 à 18h41

Jean-Luc Mélenchon, lors de la "prise de la Bastille" du Front de gauche, dimanche 18 mars.

 

Difficile de savoir combien de militants et sympathisants du Front de gauche étaient réunis sur la place de la Bastille dimanche 18 mars. Le parti revendique « 120 000 personnes ». Quoi qu’il en soit, ils étaient plusieurs dizaines de milliers à défiler avant d’écouter le discours du candidat du Front de gauche.

« Génie de la Bastille qui culmine sur cette place, nous voici de retour, le peuple des révolutions et des rébellions en France. Nous sommes le drapeau rouge ! » a clamé M. Mélenchon, au terme de sa grande journée pour la VIe République. « Nous sommes venus au bon endroit, à la bonne date », a-t-il fait valoir, vantant la Bastille, « point de départ de toutes nos révolutions ».

>> Relire le suivi en direct de la manifestation

Sur un ton solennel, le candidat du Front de gauche a rappelé les différents mouvements révolutionnaires de l’histoire de France et a appelé à « une insurrection civique qui va se donner rendez-vous dans les urnes pour commencer la révolution citoyenne afin de d’améliorer la vie du peuple qui pâtit. » « Je vous appelle à commencer ce printemps des peuples, a lancé le candidat. Ouvrez par vos bulletins de vote la brèche par laquelle passeront les votes des Grecs puis des nos camarades allemands sur lesquels souffle le modèle libéral. »

« PRENEZ LES PLACES ET LES RUES DE LA RÉPUBLIQUE »

Cette insurrection passera, s’il est élu, par la reprise du pouvoir par le peuple au travers d’une « Assemblée constituante », qui « devra être strictement paritaire ». Acclamé par ses partisans, Jean-Luc Mélenchon a également lancé : « Prenez les places et les rues de la République comme vous le pouvez dans toutes les villes et chaque village de France. » Le discours, qui n’aura duré qu’une vingtaine de minutes, s’est terminé par la traditionnelle Internationale suivie de La Marseillaise.

>> Lire : Les ressorts de la percée de Jean-Luc Mélenchon

>> Lire : Avec Mélenchon, la seconde jeunesse des militants communistes

Toute l’après-midi, des dizaines de milliers de personnes ont défilé entre la place de la Nation et la place de la Bastille. Parmi elle, Christiane, une enseignante de 62 ans : « J’entends un discours que je n’entendais plus depuis trente ans : la France, notre France, est plurielle, de toutes les couleurs, métissée. Je ne suis pas d’accord avec Hollande alors que j’ai milité avec Ségolène Royal en 2007. Je ne suis pas d’accord pour que l’on paie la dette, que l’on soit inféodé aux banques. »

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Des militants du Front de gauche lors de la « prise de la Bastille » du parti le 18 mars.

Crédits : AFP/THOMAS COEX / THOMAS COEX

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Sa fille Louise a fait le voyage de Bruxelles, où elle vit avec son compagnon belge. « Je suis fière de soutenir Mélenchon financièrement, du fait de son travail de fond sur le Front national« , dit la jeune femme aux yeux bleus, artisan-relieur de profession. « Hollande au premier tour ? Pas possible de voter pour quelqu’un qui va à la City dire qu’il n’est pas dangereux. Nous, on est dangereux, et les grandes fortunes, on va aller les chercher. » La mère et la fille réservent leur voix pour le candidat PS seulement au second tour.

« Jean-Luc Mélenchon porte les espoirs de tout le peuple de gauche, et nous espérons qu’il soit présent au second tour », proclame Pascal Petitpierre, délégué syndical CGT chez Unilever France, venu avec les salariés en lutte de Fralib Gémenos (groupe Unilever) qui font figure d’invités de marque. Yves Flohic, 39 ans, agent de maîtrise chez Fralib, veut « changer ce gouvernement qui marche sur les ouvriers, malgré ce que peut dire M. Sarkozy à la télévision ». Denis, ouvrier du même site menacé, hésite entre « Poutou et Mélenchon ».

« Je pense qu’il se passe quelque chose d’important », avance avec émotion Patrick Dupond, bientôt 55 ans, salarié parisien sensible au discours sur le relèvement du Smic à 1 700 euros : « On relève la tête. »

>> Lire : Mélenchon veut défier Hollande sur sa gauche

>> Tous nos articles sur Jean-Luc Mélenchon

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