Et si l’élite britannique avait inspiré les émeutiers anglais ?

Et si l’élite britannique avait inspiré les émeutiers  anglais ?

Les pompiers tentent de maîtriser un incendie dans le quartier de Croydon, à Londres, lors des émeutes

Les pompiers tentent de maîtriser un incendie dans le quartier de Croydon, à Londres, lors des émeutes Les pompiers tentent de maîtriser un incendie dans le quartier de Croydon, à Londres, lors des émeutes

C’est le « coup de gueule » de Peter Oborne, l’éditorialiste du Telegraph, le quotidien généraliste le plus à droite du pays, qui met directement en cause les comportements des élites économiques et politiques britanniques pour expliquer le comportement des émeutiers. Son analyse est reprise et commentée de toute part sur Twitter et saluée par le reste de la presse.

Afin de répondre aux émeutes qui ont secoué le pays depuis le week-end dernier, le Premier Ministre britannique a voulu se montrer très sévère, à la limite du populisme.

« La contre-attaque a bien et véritablement commencé » a assuré David Cameron devant les Parlementaires, après avoir prévenu que « toute personne condamnée doit s’attendre à aller en prison ».

La démesure des décisions judiciaires, favorisées par le soutien du chef du gouvernement, font depuis largement débat.

Plus encore, les critiques s’élèvent contre l’analyse des autorités. Le Premier Ministre a en effet accusé « la culture » des émeutiers, qui « glorifie la violence, montre un manque de respect de l’autorité et parle des droits mais jamais des responsabilités », et dont profiteraient « les gangs des rues ».

Pour y répondre, il réclame « plus de disciplines dans nos écoles (…) un système judiciaire criminel qui marque une claire et lourde ligne entre le bien et le mal ».

La plus violente diatribe à son encontre est, contre toute-attente, venue de Peter Oborne, l’éditorialiste politique en chef du quotidien de droite The Telegraph, dont l’écrit est repris par ses concurrents et relayés massivement sur Twitter.

Il estime que « la criminalité dans nos rues ne peut pas être dissociée de la désintégration morale des plus hauts rangs de la société moderne britannique. Les deux dernières décénnies ont vu un déclin terrifiant des standards au sein de l’élite gouvernante britannique. Il est devenu acceptable pour nos politiciens de mentir et de tricher. (..) Il n’y a pas que la jeunesse sauvage de Tottenham qui a oublié qu’elle a des devoirs aussi bien que des droits, mais aussi les riches sauvages de Chelsea et Kensington [quartiers huppés de Londres, NDLR] ».

Peter Oborne considère la plupart de l’élite londonienne « aussi déracinée et coupée du reste de la Grande-Bretagne que ces jeunes hommes et femmes sans emploi qui ont causé de si terribles dommages ces derniers jours. (..) Peu d’entre eux s’embêtent à payer leurs impôts britanniques s’ils peuvent les éviter et encore moins sentent un sens d’obligation envers la société, un sentiment pourtant naturel il y a encore quelques décades pour les riches et les mieux lotis ».

Il cite ainsi les exemples de Richard Branson, le patron de Virgin, ou de Philip Green, le patron de Topshop, pour avoir ou vouloir éviter de payer leurs impôts sur les bénéfices en domiciliant leur société dans un paradis fiscal.

Après l’élite économique, l’élite politique, qualifiée d' »aussi mauvaise » que les « jeunes voyous », comme l’a montré le scandale des dépenses des parlementaires révélé par le journal de Peter Oborne. Parmi les plus virulents contre les jeunes jeudi au Parlement, le journaliste rappelle que Gerald Kaufman avait demandé le remboursement d’une télévision pour 8.865£ (près de 10.000 euros).

Enfin, conclut-il, alors qu’il y a quelques semaines « le Premier Ministre excusait son erreur de jugement en embauchant l’ancien directeur de la rédaction Andrew Coulson en clamant que « tout le monde mérite une seconde chance », il était très parlant qu’il n’a pas parlé de seconde chance lorsqu’il a requis une punition exemplaire pour les émeutiers et les casseurs. Ces doubles standards de Downing Street sont symptomatiques des doubles standards répandus au sommet de notre société. (..) Bien évidemment, ces derniers sont intelligents et assez riches pour être certains qu’ils obéissent à la loi. Cela ne peut être dit des malheureux jeunes femmes et hommes, qui sans espoir et aspiration, ont causé tellement de désordre et de chaos ces derniers jours. Mais les émeutiers ont cette défense : ils suivent tout simplement l’exemple montré par les figures plus âgées et respectées de la société ».

Cette analyse marque beaucoup les Anglais (au moins 3000 d’entre eux ont commenté le texte) car son auteur est avant tout considéré comme un ultra conservateur.

Son récent texte « La crise de l’euro donnera à l’Allemagne l’empire dont elle a toujours rêvé » est un bon exemple de ses traditionnelles positions.

Sur Twitter, des célébrités comme l’acteur Stephen Fry, qui possède près de 3 millions d’abonnés à ses messages, encensent pourtant l’article,tandis que d’autres utilisateurs s’exclament de surprise : « Mon dieu, je suis en train d’être d’accord avec Peter Oborne. Je me suis finalement transformé en mon père… »

La réaction du monde politique ne devrait pas arriver de sitôt…

Tristan de Bourbon, à Londres – 14/08/2011, 10:54  |

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Dossier : la crise de l’euro

Dossier : la crise de l’euro

Marianne2 | Dimanche 9 Janvier 2011 à 07:01

La crise de l’euro continue, semaine après semaine, de faire débat sur le site Marianne2. Échanges d’arguments entre les partisans d’un retour aux monnaies nationales et les défenseurs de l’euro.

Dessin - Louison

Chevènement-Julliard (1/2) : «Il faut réinvestir la nation», par Philippe Cohen et Jean-Dominique Merchet – Marianne

A l’occasion de la sortie de son dernier livre, Jean-Pierre Chevènement s’est confronté à Jacques Julliard, éditorialiste de Marianne. Un entretien à retrouver dans le numéro de Marianne à paraître demain. La première partie du débat concerne la dérive néo-libérale de la gauche.

Chevènement-Julliard (2/2) : «Il faut réinvestir la nation», par Philippe Cohen et Jean-Dominique Merchet – Marianne

A l’occasion de la sortie de son dernier livre, Jean-Pierre Chevènement s’est confronté à Jacques Julliard, éditorialiste de Marianne. Seconde partie du débat : la question de l’euro et l’appel républicain du président d’honneur du MRC.

«Euro : une monnaie unique «nocive par nature» ? (1/3)», par Bernard Prudhon, avocat

L’euro n’a accompli aucun miracle, ni croissance, ni stabilité financière, souligne l’avocat à la Cour d’Appel, Bernard Prudhon. Il se penche, en premier lieu, sur les inégalités des dettes publiques et des charges d’emprunt au sein de la zone euro. D’après lui, un taux de change unique peut être facteur d’excédent chez les uns et de déficit chez les autres.

«Euro, une monnaie unique nocive par nature (2/3)», par Bernard Prudhon, avocat

L’euro n’a accompli aucun miracle, ni croissance, ni stabilité financière, souligne l’avocat à la Cour d’Appel, Bernard Prudhon. Selon lui, les autorités monétaires européennes doivent avant tout stabiliser les cours fragilisés des marchés et, donc, régler les problèmes des dettes publiques.

«Euro : une monnaie unique «nocive par nature» (3/3) », par Bernard Prudhon, avocat

L’euro n’a accompli aucun miracle, ni croissance, ni stabilité financière, souligne l’avocat à la Cour d’Appel, Bernard Prudhon. Il se penche, en troisième lieu, sur une éventuelle réforme de la monnaie unique. Il regrette que personne au sein de l’Union européenne n’ait évoqué d’alternative à l’euro.

Emmanuel Todd : «A 90%, l’euro explosera en 2011», par Tout sur la Chine – Vent des Blogs

Dans un entretien donné au journal belge Le Soir, et repris sur le blog Tout sur la Chine, l’essayiste Emmanuel Todd pronostique une année difficile pour l’euro. L’auteur d’ « Après la démocratie » revient également sur ce « protectionnisme intelligent » qu’il défend depuis des années.

«L’euro fort nous a coûté 403 milliards d’euros. Cash!», par Jacques Sapir, économiste

Les récents vœux télévisés de Nicolas Sarkozy interpellent quant à la situation de l’euro. En se posant en défenseur de l’euro, le président a voulu montrer qu’il prenait les choses en main, alors en réalité, une issue favorable à la crise de l’euro dépendrait des partenaires européens de la France, l’Allemagne en particulier. C’est pourquoi l’économiste Jacques Sapir lance un ultimatum : « Soit nous pouvons changer le fonctionnement de la zone euro, soit nous devrons la quitter ».

«Paris et Berlin, pas assez européens ?», par Gilbert Casasus, chroniqueur associé

Gilbert Casasus revient sur la relation franco-allemande depuis six mois et lors du sommet de Deauville d’octobre 2010. Pour lui, les plus européens des Européens ne se trouvent ni Paris ni à Berlin, mais à Luxembourg. La crise de l’euro serait loin d’être enrayée et le professeur somme les deux états d’être plus volontaristes.

«Faut-il faire sauter le tabou de la dévaluation ?», par Laurent Pinsolle, blogueur associé

En pleine remise en question du rôle protecteur et unificateur de la monnaie unique, le blogueur gaulliste Laurent Pinsolle veut briser le tabou de la dévaluation. Serait-elle un remède – encore diabolisé par les chantres de l’européisme – aux économies en berne ?

«Euro : Laurent Pinsolle répond à Hervé Nathan», par Laurent Pinsolle, blogueur associé

Le dialogue sur l’opportunité d’une sortie de l’euro se poursuit entre Hervé Nathan, journaliste, et Laurent Pinsolle, blogueur associé. Nous publions ici la réponse de Laurent Pinsolle à la contre-argumentation d’Hervé Nathan.

«L’euro peut-il survivre à la crise ? (1/3)», par Jacques Sapir, économiste

Ébranlé par la crise, l’euro pourrait bien vivre les derniers jours de son existence. La faute en revient aux dirigeants de l’Ue qui n’ont pas su adopté les mesures capables d’endiguer la crise financière, selon l’économiste Jacques Sapir. Une situation qui fait en tout cas le bonheur des spéculateurs

«L’euro peut-il survivre à la crise? (2/3)», par Jacques Sapir, économiste

Ébranlé par la crise, l’euro pourrait bien vivre les derniers jours de son existence. La faute en revient aux dirigeants de l’Ue qui n’ont pas su adopté les mesures capables d’endiguer la crise financière, selon l’économiste Jacques Sapir. Pire, le mouvement des taux d’intérêts, responsable des difficultés économiques des pays membres, touchent depuis peu de nouveaux États.

«L’euro peut-il survivre à la crise ? (3/3)», par Jacques Sapir, économiste

Ébranlé par la crise, l’euro pourrait bien vivre les derniers jours de son existence. La faute en revient aux dirigeants de l’UE qui n’ont pas su adopté les mesures capables d’endiguer la crise financière, selon l’économiste Jacques Sapir. Mais ces derniers veulent-ils vraiment sauver la monnaie unique?

«Europe : des transferts financiers illégaux ?», par Bernard Prudhon, avocat

Face à une situation économique qui parait parfois inextricable, les États membres de l’Union Européenne n’hésitent pas à recourir à des transferts financiers d’une légalité douteuse, à en lire les textes des traités. Bernard Prudhon, avocat à la Cour d’Appel de Paris et maître de conférences à l’Université de Paris XII, dénonce la création de «situations de fait» au mépris du droit communautaire.

«Vœux présidentiels : l’aveu de Sarkozy sur l’euro», par Laurent Pinsolle, blogueur associé

A la suite de la présentation des vœux présidentiels, le blogueur gaulliste Laurent Pinsolle pointe du doigt un chef de l’État « déconnecté de la réalité ». Il se réjouit cependant que Nicolas Sarkozy ait abordé le sujet de la pertinence de la monnaie unique, véritable « force de débat » offrant une tribune à ses détracteurs.

«Retour au franc : réponses à de légitimes objections», par Laurent Pinsolle, blogueur associé

Nouvel échange entre Hervé Nathan et Laurent Pinsolle. Le blogueur gaulliste mise sur la fin de l’euro et le retour des anciennes monnaies nationales en Europe. Il se demande comment évolueraient les parités monétaires à ce moment-là. Et reconnaît toutefois que les conversions des dettes publiques conduiraient à une instabilité du marché.

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Incroyable: la BCE prévoit un scénario de rupture avec l’euro

Incroyable: la BCE prévoit un scénario de

rupture avec l’euro

Le Vrai Débat – Blogueur associé | Vendredi 22 Janvier 2010 à 17:01

Les blogueurs du Vrai Débat relaie une note de la Banque centrale européenne passé inaperçue. La Banque des banques imagine déjà les conséquences d’une rupture d’un Etat membre avec la monnaie unique.

événement est passé totalement inaperçu dans la presse française, et pourtant ce n’est pas rien. Le 19 janvier, la Banque centrale européenne (BCE) a publié, pour la première fois, une note d’analyse juridique sur les conséquences d’une rupture d’un Etat membre avec la monnaie unique.

Comme l’indique la BCE dans l’introduction de son document, « les développements récents ont, peut-être, accru le risque de sécession, et l’urgence de le considérer comme un scénario possible ».

En effet, si nous en sommes là aujourd’hui, c’est bien parce que plusieurs pays de la zone euro vont très mal. Il s’agit de la Grèce bien sûr, confrontée à un déficit supérieur à 12% du PIB et une dette en explosion (déjà 117% du PIB), mais aussi du Portugal, récemment « mis sous surveillance » par les agences de notation internationales, de l’Irlande, de l’Espagne et même de l’Italie.

L’édifice européiste est vermoulu

Ces pays sont l’illustration que l’euro n’a pas réussi, contrairement à ce qu’affirment les médias français, à protéger nos pays de la crise. Bien au contraire : c’est au sein de la zone euro que la récession est la plus forte du monde, c’est ici que les pays sont entrés en récession les premiers, et c’est ici que depuis 15 ans la croissance économique est la plus molle.

Les pays cités précédemment concentrent toutes les difficultés de la zone euro, en les amplifiant. Privés de leur arme monétaire face à la crise, et ne pouvant compter sur une BCE tenue d’agir selon une « moyenne européenne », ils se retrouvent presque totalement démunis, contraints d’observer sans réagir l’explosion du chômage, de leur dette et l’effondrement de leur économie.

C’est pour cette raison, parce que la crise a révélé les failles structurelles de la monnaie unique, que l’édifice européiste apparaît tel qu’il est en réalité : totalement vermoulu.

La note de la banque centrale de Francfort démontre que la dislocation de la zone euro n’est plus seulement virtuelle. Mais elle montre aussi combien l’idéologie est en Europe plus forte que les faits : ce document est un violent condensé de menaces contre les pays qui seraient tentés de retrouver leur liberté monétaire, qui nous laisse penser que la « solidarité européenne » dont se targuent les idéologues de l’UE fonctionne tant qu’on accepte de rester dans les clous du projet européiste.

Une « limitation permanente du droit des Etats »

Si par malheur un ou plusieurs pays avaient la prétention de s’en écarter, ils devraient subir les foudres d’une superstructure bien décidée à défendre son pré-carré ! Ainsi, alors que rien dans les Traités européens ne le prévoient, la BCE précise que la sortie de la zone euro signifierait l’expulsion immédiate de l’Union européenne…

Elle affirme que « 50 ans de construction européenne » ont créé « un nouvel ordre juridique » qui transcende « le concept largement obsolète de souveraineté » et imposent une « limitation permanente du droit des Etats ».

Oui, vous avez bien lu, la Banque européenne avoue explicitement que le concept de souveraineté, fondement de nos démocraties depuis deux siècles, est « largement obsolète » et que les Etats doivent sans cesse restreindre leur droit (donc leur liberté, au détriment bien évidemment de la démocratie et du libre choix des peuples).

Ce contexte posé, la BCE rappelle qu’« aucun Etat ne peut espérer un traitement spécial ». La flexibilité est bonne pour les autres, notamment les salariés, mais sûrement pas pour l’Europe qui restera, on peut lui faire confiance, droite dans ses bottes…

Ce document est donc intéressant à deux points de vue : il prouve d’abord que l’euro est bien menacé (ce qui représente bien un « risque », comme on l’entend partout en France, mais d’abord pour les eurocrates qui prospèrent sur ce système…), et il montre le vrai visage de l’Union européenne : une machine de plus en plus ouvertement en rupture avec la démocratie et de plus en plus menaçante avec toutes les tentatives de « dissidence ».

Cette note n’a pas été publiée au hasard. Elle vise à faire pression sur la Grèce, et les autres pays tentés par la restauration de leur marges de manoeuvre monétaires. Il s’agit d’effrayer ces pays en les stigmatisant, et en faisant planer de lourdes menaces sur leur avenir.

L’objectif attendu est simple : ces pays devront se soumettre, conserver l’euro, couper à la hâche dans leurs dépenses, quitte à sacrifier l’emploi et le social.
La Grèce prévoit 22% de chômage cette année. Si on lui appliquait les méthodes de calcul américaines, ce taux avoisinnerait les 30%…Mais tant qu’elle reste dans l’euro, tout va bien !

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