1/3 — LA CFDT VEUT VALIDER LE REPORT A 62 ANS DE L’AGE LÉGAL DE DÉPART ET A 67 ANS POUR LE DEPART A TAUX PLEIN SANS DECOTE: Retraites complémentaires: le dilemme de la CFDT. 2/3 — Retraites Arrco Agirc. Pas un sou de plus pour la complémentaire ! 3/3 — Retraites complémentaires: le MEDEF bloque les négociations.

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Retraites complémentaires: le dilemme de la CFDT

Par Agnès Laurent, publié le 21/03/2011 à 11:34

La centrale de François Chérèque pourrait être la seule à signer l’accord conclu vendredi soir. Et s’attirer de vives critiques.

Une nouvelle fois, la CFDT se trouve face à un choix cornélien à l’issue d’une négociation sociale d’importance. Vendredi soir, patronat et syndicats ont, en effet, conclu leurs discussions sur l’avenir des régimes de retraites complémentaires, Agirc-Arrco. Derrière l’intitulé technique, un enjeu majeur : le montant des pensions versées aux futurs retraités. Les retraites complémentaires représentent 55% des sommes versées aux cadres et 30% pour les autres salariés.

Or, le texte finalisé vendredi soir ne suscite guère l’enthousiasme dans les organisations syndicales. La CGT et la CGC ont d’ores et déjà annoncé qu’elles ne signeraient pas l’accord et la CFTC devrait faire de même. FO devrait donner sa réponse ce lundi. Reste donc la CFDT.

Son dilemme est double. Sur le fond, elle estime que le compromis contient des avancées, comme la stabilisation du rendement des cotisations alors qu’il ne cesse de baisser depuis des années ou le maintien jusqu’en 2018 du système assurant le paiement des pensions entre 62 et 67 ans (dit AGFF). Mais en contrepartie, il lui faut valider le report à 62 ans de l’âge légal de départ et à 67 ans pour le départ à taux plein sans décote, ce qu’elle a combattu à l’automne lors de la réforme du régime général.

Autre difficulté, le calendrier. Car vendredi prochain, le 25 mars, les partenaires sociaux se retrouveront pour boucler leurs discussions sur l’assurance chômage. Or, le patronat refuse pour l’instant toute concession. En acceptant de signer seule sur les retraites complémentaires, la CFDT ne voudrait pas donner le sentiment qu’elle est prête à faire de même sur l’assurance chômage quel que soit le contenu du texte.

Retraites complémentaires: le dilemme de la CFDTFrançois Chérèque, sur Europe 1, le 6 février 2011.

Europe 1

Invité dimanche du « Grand jury RTL/LCI/ Le Figaro », François Chérèque a indiqué que la CFDT prendrait sa décision « dans les 10 jours ». Un délai qui permet de faire durer le suspense au-delà de la négociation sur l’assurance chômage. Et d’inciter le patronat à faire un geste…

 

 

Sex and rock’and Roll; une « boutade ».

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Retraites

Arrco Agirc. Pas un sou de plus pour la complémentaire !

Le Medef a présenté hier un projet d’accord qui évacue toute augmentation des 
ressources des régimes de retraite Arrco et Agirc, et programme une série de reculs sociaux.

Ne voyez pas dans le Medef un repaire de sadiques : s’il défend des positions « dures », « ce n’est pas pour le plaisir d’être dur » mais parce qu’elles correspondent aux « exigences » d’une « gestion saine », expliquait hier le chef de la délégation patronale, Jean-François Pillard, à l’issue de la sixième séance de négociation sur les retraites complémentaires. Il venait de présenter à ses interlocuteurs syndicaux un premier projet d’accord. Premier constat : l’absence dans ce texte de toute proposition d’augmentation des ressources susceptible de conforter les équilibres financiers très fragilisés de l’Arrco et de l’Agirc. Du coup, « dur », le projet l’est seulement pour les salariés auxquels il prévoit d’imposer une série de reculs sociaux représentant, dit-on, 10 milliards d’euros d’économies à l’horizon 2030. Sans, pour autant, effacer le déficit encore prévu à 35 milliards à cette même date. Seules et bien maigres concessions patronales : le taux de rendement des régimes complémentaires, qui régresse depuis une vingtaine d’années, serait stabilisé à partir de 2013 et jusqu’en 2015 – le Medef laissant craindre pour la suite une reprise de la baisse – et le dispositif AGFF, assurant le versement de pensions Arrco et Agirc sans décote dès que l’assuré dispose du plein de ses droits au régime général, serait prolongé jusqu’en 2018.

Côté pilules amères, on retiendra : le report à 67 ans, par alignement sur la réforme du régime général, de l’âge du taux plein garanti ; la baisse du taux de la pension de réversion, de 60 % à 54 %, dans les deux régimes ; la diminution du budget consacré à l’action sociale. S’agissant de la majoration de pension attribuée aux parents de trois enfants, elle serait portée à 10 %, soit une hausse en comparaison de son niveau actuel à l’Arrco, mais une baisse pour les assurés de l’Agirc. Enfin, sous le vocable de « mise en cohérence », le projet du Medef trace la perspective d’une fusion de l’Agirc et de l’Arrco. « La mort programmée » du régime spécifique des cadres, et, du coup, de leur statut, traduit Éric Aubin, de la CGT. Les cadres seront poussés vers les régimes par capitalisation, complète Danièle Karniewicz, de la CGC. Hormis la CFDT, plutôt tiède, l’ensemble des syndicats ont vigoureusement critiqué ce projet, invitant le Medef à revoir sa 
copie d’ici à la prochaine séance, le 18 mars.

Régime des cadres menacé

Le projet du Medef stipule la création d’un « groupe de travail pour étudier les modalités de mise en cohérence des opérations Agirc et Arrco », ainsi 
que « les conditions dans lesquelles la garantie minimale de points (GMP) pourrait progressivement être réduite voire supprimée ». La GMP assure un minimum de points à l’Agirc aux cadres ayant un 
faible salaire. Menacé de 
disparition, l’Agirc est associé, 
à la reconnaissance du statut des cadres depuis 1947.

Yves Housson

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Retraites complémentaires: le MEDEF bloque les négociations

Patronat et syndicats tentaient difficilement ce vendredi de se mettre d’accord sur les mesures financières à prendre pour « assurer la pérennité » des régimes de retraites complémentaires Agirc-Arrco du secteur privé. Le fossé s’est un peu plus élargi ce matin, au début du septième et dernier jour de négociations, lorsque le Medef a présenté un texte d’accord amendé à celui présenté le 9 mars dernier, dans lequel il refuse toute hausse de cotisations.

S’exprimant face aux journalistes à l’occasion d’une suspension de séance, certains syndicats ont jugé les concessions du Medef insuffisantes:

  • La négociatrice en chef pour la CFE-CGC, Danièle Karniewicz, a même affirmé qu’elle ne signerait pas l’accord. Le syndicat des cadres est particulièrement inquièt d’un rapprochement, voulu par le Medef, mais aussi la CFDT, entre l’Agirc, caisse des cadres, la plus en difficulté financièrement, et l’Arrco à laquelle cotisent l’ensemble des salariés du privé, avec la perspective à terme d’une possible disparition du statut de cadre.
  • FO pour sa part a indiqué qu’elle ne prendra pas immédiatement la décision de signer ou non. « Nous aurons un bureau confédéral lundi », a déclaré M. Philippe Pihet.
  • La CGT, qui avait été la seule à appeler à des manifestations lors des deux précédentes séances de négociations et qui semblait adopter la position la plus dure, ne s’était pas exprimée en fin de matinée.
  • La CFDT a adopté le ton le plus conciliant. « Il faut que cette négociation aboutisse le plus vite possible. Un accord n’est pas certain, mais c’est possible », a déclaré à la presse Jean-François Malys, le chef négociateur cédétiste. Depuis le début de la négociation, la CFDT est apparue comme l’organisation la plus proche d’une signature. Si elle était seule à signer, l’accord paritaire ne serait viable que s’il n’était pas remis en cause par au moins trois autres syndicats.

Pas plus que le premier texte proposé le 9 mars dernier, la version amendée n’envisage une hausse des cotisations patronales et salariales, souhaitée par l’ensemble des syndicats, CFDT exceptée, ce qui serait le moyen le plus rapide de renflouer les caisses des régimes Agirc, et Arrco. Le Medef refuse une telle solution, arguant que l’alourdissement des charges des entreprises pourrait nuire à leur compétitivité. Le texte amendé par les répresentants du patronat est beaucoup plus vague sur le rapprochement entre l’Agirc et l’Arrco et revoit à la baisse les économies que le patronat voulait faire sur les avantages familiaux (bonifications en fonction du nombre d’enfants élevés) et conjugaux (pensions de reversion), avantages très généreux pour les cadres. A cet égard, le patronat accepte de ne pas modifier à la baisse – de 60% à 54% – les pensions de reversion pour les veuves et les veufs.

  • A lire:

Agirc-Arrco, deux régimes en danger

Entamées le 25 novembre, les négociations sortent cette année du cadre habituel puisqu’elles doivent aussi adapter les régimes Agirc et Arrco à la réforme gouvernementale du régime général qui a reculé de 60 à 62 ans l’âge de départ légal et de 65 à 67 ans celui pour une pension sans décote. Le recul des bornes d’âge apporte une bouffée d’oxygène aux régimes Agirc-Arrco mais n’est pas suffisant pour enrayer une baisse constante du taux de rendement des retraites complémentaires. Cliquez ici pour lire notre analyse

A lire aussi: La CGT remobilise pour la retraite complémentaire

Billet mis en ligne par D.R. (DS Cgt Tyco Electronics France SAS)

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