KADHAFI DÉGAGE! SARKOZY AUSSI! Libye: Nous sommes opposés à l’intervention militaire internationale. « La guerre en Libye est indigne de notre pays ».

Sarkozy face à Kadhafi, au nucléaire…et aux cantonales

Rédigé par Juan Sarkofrance – Blogueur associé le Dimanche 20 Mars 2011

202ème semaine de Sarkofrance : comment Sarkozy s’est choisi Kadhafi

202ème semaine de Sarkofrance : comment Sarkozy s'est choisi Kadhafi
Quelle belle semaine ! L’opinion publique était d’abord tétanisée par les drames japonais : tremblement de terre, tsunami puis explosion de réacteurs, le tout en direct à la télévision. Comme prévu, notre Monarque Nicolas préféra défendre le business atomique du pays. L’ambition nucléaire française ne se discute pas. Mais son véritable enjeu était en Libye. Notre shérif s’était enfin trouvé un épouvantail à sa hauteur.
En quelques heures, par un revirement dont il a le secret, Sarkozy avait désigné Kadhafi à la vindicte internationale. Quand, jeudi soir, le Conseil de Sécurité approuve enfin le blocus du ciel libyen, la Sarkofrance exulte. 

Et en quelques heures, par un aveuglement dont elle a le secret, la France médiatico-politique redevenait sarkophile.

Affligeante réaction onusienne
Vendredi matin, Nicolas Sarkozy pouvait jubiler. Classe politique et médias nationaux étaient unanimes pour louer le rôle déterminant de la diplomatie française dans l’affaire libyenne. Il suffit d’un concert de louanges pour que la France médiatique se réveille sarkophile voire sarkozyste. La veille au soir, le conseil de sécurité de l’ONU avait adopté sa résolution 1973, par 10 voix contre 5 abstentions, autorisant, enfin, le blocus aérien de la Libye « pour protéger la population civile et pour faire cesser les hostilités.» Le ministre Juppé avait livré un court discours devant ses homologues que d’aucuns comparèrent aussitôt à la déclaration solennelle de Dominique de Villepin contre l’entrée en guerre en Irak en 2003. Dès vendredi, le colonel Kadhafi promettait « l’enfer » aux avions occidentaux s’ils devaient intervenir avant de proclamer un cessez-le-feu immédiat.

Bref, Nicolas Sarkozy a brillamment retourné la situation, au moins sur ce front : fustigé pour son silence depuis décembre, moqué pour son inconstance, critiqué pour les invitations privées d’Alliot-Marie et Fillon l’hiver dernier en Tunisie et en Egypte, le Monarque avait semble-t-il redressé la barre. Samedi après-midi, il avait invité pour les chefs d’Etat et ou leurs représentants « qui souhaitent apporter leur soutien à la mise en œuvre de cette résolution » à un « sommet de Paris de soutien au peuple libyen.» Le spectacle continue.

En fait, comme souvent, la réalité est plus nuancée que ces premiers constats grégaires. Primo, la résolution onusienne n’autorise que des raids aériens. Tout déploiement terrestre est interdit. Samedi matin, Kadhafi attaquait les faubourgs de Benghazi.

Secundo, cette résolution ne vise pas à bouter le colonel Kadhafi hors du pouvoir, ni même à empêcher une guerre civile, bien au contraire. Elle cherche simplement à rééquilibrer le rapport de force militaire entre le régime et son opposition. C’est bien toute son ambigüité. En 1991, Saddam Hussein, pourtant défait au Koweit, eut les mains libres pour réprimer dans le sang les révoltes chiites et kurdes. On se rappelle aussi l’échec d’autres raids aériens occidentaux sans intervention terrestre, comme en Bosnie-Herzégovine à l’aube des années quatre-vingt dix.

Tertio, les belles déclarations d’Alain Juppé suppliant ses homologues du Conseil de Sécurité de ne « pas laisser faire les fauteurs de guerre » ni de « laisser bafouer la légalité et la morale internationales. » avaient quelque chose d’indécent. Un peu plus au Sud, au Yémen (52 morts vendredi !) ou même à Barheïn, le « printemps arabe » se poursuit dans la douleur, et sans le soutien, même oral, des démocraties occidentales. Pire, l’Arabie Saoudite, partie active de la coalition anti-Kadhafi, a dépêché quelque 1000 soldats dans l’émirat voisin du Barheïn sans le moindre commentaire occidental. Quarto, l’Europe diplomatique est en miettes. La critique n’est pas nouvelle. Mais elle présage mal de l’avenir.

Enfin, l’attitude de Nicolas Sarkozy, si décisive fut-elle, est à l’image du monde occidental : d’abord compromise, ensuite tardive, enfin positive. Il y a trois mois à peine, la Sarkofrance tentait de finaliser désespérément de jolies ventes d’armement. Imagine-t-on des combats aériens Rafales libyens contre Rafales français dans le ciel de Benghazi ? Pendant les révoltes tunisiennes puis égyptiennes, il y a à peine 2 mois, le Monarque fut étrangement silencieux.

Avec Kadhafi, ancien terroriste récidiviste, il s’est choisi un épouvantail à sa hauteur.

Comment donc considérer les déclarations de Nicolas Sarkozy, vendredi 18 mars, lors d’une nouvelle inauguration-prétexte ? L’occasion était trop belle, le moment trop bon. A nouveau, ses propos furent indécents : « La stabilité était le maître mot de toute action diplomatique il y a quelques années (…) mais, au nom de la stabilité, est-ce qu’on n’a pas condamné des peuples, en Europe, au Moyen-Orient, ailleurs dans le monde, à l’injustice, au non-respect des droits de l’Homme, simplement parce que la stabilité tranquillisait ceux qui en bénéficiaient ? » Il y a quelques années ? Non. Sarkozy se trompe d’échelle temporelle. Sa real-politik depuis mai 2007 en a déçu plus d’un.

Et les élections ?
La France était en campagne mais les élections cantonales sont passées à la trappe. L’UMP se cache, craignant la déroute. Elle a même retiré son logo des bulletins de ses candidats. A Paris ou en province, le candidat élyséen pense toujours autant à 2012. Lundi, il tenait une réunion de campagne à l’Elysée avec ses proches. Mardi, il est parti rencontrer Sophie Poux, cette productrice de lait invitée de TF1 en janvier 2010. Mercredi, il avait réservé la grande salle du Grand Palais pour 2000 chefs d’entreprise bénéficiaires des prêts d’Oseo. Jeudi, il rencontrait des pompiers, puis recevait une poignée d’agriculteurs dont Michaël Poillon, autre invité de TF1 en janvier dernier. Tout est bon pour la photo électorale.

A Paris, François Fillon, interrogé sur France 2, a confirmé :  « Nicolas Sarkozy sera candidat. » Personne ne relève tant c’est évident. Son ministre de l’intérieur et de l’immigration, Claude Guéant, a pris son poste en main. Jeudi sur Europe 1, il a lâché une boutade que son prédécesseur Hortefeux n’aurait pas reniée : « les Français, à force d’immigration incontrôlée, ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux. » Ciblée contre l’immigration légale ou pas, cette déclaration préméditée était bien inacceptable : Claude Guéant est le fidèle soutier de Nicolas Sarkozy depuis près de 10 ans et donc le co-auteur d’un nombre incalculable de lois contre l’immigration clandestine. En quelques mots, il légitime pour son électorat déboussolé le discours frontiste depuis 30 ans. Marine Le Pen ne s’est pas trompé sur l’hommage : dès vendredi, elle lui a établi une carte d’adhérent « prestige » au FN.

Cette diversion xénophobe fut bien commode . Elle permit d’esquiver quelques commentaires sur le chômage, la précarité ou … la pénibilité. Le ministère du travail a discrètement rendu public une étude vieille de 3 ans sur la pénibilité au travail : plus de 2,6 millions de personnes ont été exposées plus de 15 ans à une pénibilité sérieuse, soit 35% des effectifs, et 58% des ouvriers ! Et cette pénibilité coûte souvent leur emploi aux séniors concernés : « Moins souvent en emploi, les seniors ayant été durablement exposés à des pénibilités physiques sont plus souvent au chômage ou inactifs.» Dans sa réforme des retraites, le Président des Riches n’a concédé qu’à 30.000 handicapés physiques du travail par an de partir plus tôt que les autres. Pour le reste, circulez, y-a rien à voir !

Depuis des mois, à chaque visite de terrain, le Monarque Nicolas explique aux ouvriers silencieux qu’il croise combien il est légitime de travailler plus puisque l’on vit plus longtemps, que le travail est une fierté, que la pénibilité. L’argument reste imparable quand on reste grossier et général. Et que l’on cache les études gouvernementales jusqu’à après le vote de la loi.

Obstruction atomique
Mais le plus bel exemple d’obstruction démocratique de la semaine nous vint du Japon. Depuis le weekend dernier, les ténors de Sarkofrance venaient un à un à la rescousse de la filière nucléaire française. Au Japon, le tremblement de terre puis le tsunami du 11 mars ont endommagé la centrale de Fukushima et ses 6 réacteurs. Partout dans le monde, on craint le pire. Partout, sauf en France. Il y a un business à défendre, cette prolifique filière dont Nicolas Sarkozy s’est fait le VRP auprès de toutes les dictatures du globe sauf l’Iran et la Corée du Nord. Depuis 2007, il a signé des accords, souvent jamais finalisés, avec l’Algérie, la Tunisie, l’Afrique du Sud, l’Inde, l’Arabie Saoudite, Abou Dhabi, l’Egypte, et même la Libye en juillet 2007. Depuis mai 2008, sa nouvelle agence « France nucléaire international » devait faire la promotion de cette diplomatie atomique.

Dimanche, les écologistes réclament un débat sur le nucléaire française. Eric Besson, ministre de l’industrie, et Nathalie Kosciusko-Morizet, sa collègue AREVA-compatible, sont envoyés en conférence de presse avec des dirigeants de la filière pour rassurer. Henri Guaino, conseiller hors sol, explique que le drame nippon devrait « favoriser notre industrie nucléaire par rapport aux industries d’autres pays où la sécurité est passée au peu plus au second plan.» Lundi, Nicolas Sarkozy lui-même, s’exclame que « si on est les plus chers, c’est parce qu’on est les plus sûrs ! » . Le soir, l’inquiétude était visible. Au Japon, trois réacteurs semblaient hors de contrôle, après des explosions et pannes de refroidissement. En déplacement électoral dans le Tarn-et-Garonne, le candidat Sarkozy change de registre, mardi sous la contrainte. Le monde craint une explosion version Tchernobyl.

Sarkozy concède que la catastrophe est proche. Mercredi 16 mars, il fait une déclaration sur la situation au Japon lors du conseil des ministres, et réaffirme que l’engagement atomique de la France n’est négociable, ni discutable. Dans l’après-midi, il réitère qu’il faut du sang-froid.  Il a failli perdre le sien devant l’ampleur de la catastrophe japonaise. Mais croyez-le, braves gens : en France on ne risque rien !

Au final, cette double crise internationale a servi au candidat Sarkozy, au moins pour quelques jours. La lucidité médiatique est tombée dans l’affaire libyenne, et le consensus « nucléariste » reste solide.

Ami sarkozyste, es-tu revenu ?

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UN COMMUNIQUÉ DU PCOF, Parti Communiste des Ouvriers de France qui nous semble interessant.

Libye

Nous sommes opposés

à l’intervention militaire internationale

 

Après plusieurs jours de forcing, les gouvernements français et britanniques et le soutien de Washington, le conseil de sécurité a voté une résolution permettant l’intervention militaire contre les forces militaires libyennes.

Cette résolution a été prise à quinze, avec l’abstention des représentants de la Chine, de la Russie, de l’Inde et de l’Allemagne. Donc dix représentants de gouvernements décident d’engager une guerre qui ne dit pas son nom contre un régime qu’ils ont soutenu jusqu’il y a peu, qu’ils ont courtisé pour lui vendre des armes et pour avoir accès au pétrole.

L’argument avancé, la défense des civils, n’a rien de nouveau ; de la guerre des Balkans, de la guerre contre l’Irak et celle d’Afghanistan, toutes ont été menées derrière cet alibi.

Mais les objectifs réels de ces guerres, c’est le contrôle de zones stratégiques, surtout quand elles renferment des gisements de gaz et de pétrole, quand elles sont des zones de transit des pipe-lines.

Instruits par l’échec des guerres d’Irak et d’Afghanistan, Obama et d’autres insistent sur le caractère limité de l’intervention militaire. Ils excluent, pour le moment, toute opération sur le terrain libyen. Sarkozy, Cameron, quant à eux, ne cachent pas leur intention de faire tomber le régime, quitte à pousser les insurgés à se lancer dans des combats contre les forces restées fidèles à Kadhafi. Ils mettent également en avant le soutien de la Ligue arabe, du secrétaire de la Conférence islamique, pour essayer de désamorcer les accusations d’une opération militaire de l’occident contre un pays arabe.

Bardé de ces soutiens, Sarkozy veut faire oublier sa politique vis à vis de Ben Ali et de Moubarak. Il espère aussi se positionner pour les marchés futurs, notamment celui du pétrole.

Une partie du peuple libyen s’est soulevé, encouragé par les révoltes populaires des pays arabes, par la révolution tunisienne. Les insurgés ont essayé de renverser le régime de Kadhafi, mais celui-ci a utilisé toute la force de son armée, des mercenaires, pour réprimer la révolte et regagner une à une les villes insurgées.

Dans cette situation, une partie des insurgés ont mis leurs espoirs dans une intervention militaire étrangère qui détruirait l’armée libyenne. Mais les puissances impérialistes, leurs armées, leurs bombes, ne sont pas leurs alliés et ne cherchent qu’à prendre le contrôle des richesses du pays, notamment pétrolières, et établir une tête de pont dans cette région où souffle le vent de la révolte et de la révolution. Dans le contexte de crise économique, de concurrence exacerbée pour le contrôle des matières premières, des sources d’énergie, les puissances impérialistes veulent mettre un terme à la contestation populaire au Maghreb et au Moyen Orient qui menace objectivement leurs intérêts. La preuve en est donnée par le soutien qu’elles apportent aux monarchies pétrolières, Arabie saoudite en tête, quand celles-ci répriment dans le sang les mouvements populaires au Yémen, à Bahreïn…

Les profonds bouleversements en cours dans cette partie du monde qui sont avant tout le fait des peuples qui se dressent contre des régimes autoritaires, corrompus, contre les criantes injustices sociales, ébranlent les positions des puissances impérialistes et de leurs alliés. C’est pourquoi, nous devons dénoncer et combattre les tentatives des puissances impérialistes d’étouffer ces aspirations et développer la solidarité avec les luttes des peuples de ces régions.

C’est pourquoi, nous sommes fermement opposés à l’intervention des puissances impérialistes contre la Libye.

Paris, 18 mars 2011-03-19

Parti Communiste des Ouvriers de France

Billet mis en ligne par D.R. (DS Cgt Tyco Electronics France SAS)

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2 commentaires

  1. Enorme, affigeant!

    Le mouvement pour la paix pour la guerre en Lybie.
    Le MPP est pour la résolution de l’ONU et la guerre de la France en Lybie!

    Il va falloir revoir, changer de nom!

  2. « La guerre en Libye est indigne de notre pays »

    http://www.lexpress.fr/actualite/monde/la-guerre-en-libye-est-indigne-de-notre-pays_974499.html

    Mouammar Kadhafi a promis une « longue guerre » dimanche après d’intenses bombardements occidentaux visant ses forces. Sur LEXPRESS.fr, les internautes débattent de la pertinence de ces frappes.

    Paris est aux commandes des opérations militaires en Libye. Les premières frappes se sont soldées par « un succès », permettant d’instaurer une zone d’exclusion aérienne, se félicite d’ailleurs le plus haut gradé américain, l’amiral Michael Mullen. Il assure que les pro-Kadhafi n’avancent plus vers Benghazi. De quoi réjouir l’opinion française? Pas forcément! Sur LEXPRESS.fr, les réactions ne sont pas toutes enthousiastes.

    Même s’il faut protéger les Libyens, je suis un peu perplexe sur l’engagement de Sarkozy, s’interroge Gmilady. J’ai peur que celui-ci utilise la crise libyenne à des fins de propagande électorale. Rien n’est plus efficace qu’une guerre pour que les Français se regroupent autour de leur Président. » E.ceccaldi approuve et raconte une anecdote: « ‘Not in our name’: ‘Pas en notre nom’. C’est ce qui était écrit sur un panneau que certains britanniques affichaient sur leur fenêtre lors de l’attaque de l’Irak par les avions de Tony Blair. C’est ce que je pense, moi aussi, ce soir. Cette guerre qui est menée au nom de la France est indigne de notre pays. Combien de pauvres gens vont souffrir sous nos bombes? Tout cela pour qu’un président en chute libre dans les sondages [32% d’opinions positives lors de la dernière consultation Ifop ndlr] essaye de se refaire une popularité. » D’autres commentateurss’agacent du traitement fait par des « médias complaisants », « pris dans une logique de propagande par les pouvoirs publics ».

    Certains internautes estiment que l’avenir de la Libye dépend surtout de la capacité des insurgés anti-Kadhafi à se mobiliser. »Sans émergence d’une rebellion coordonnée l’opération en cours est sans avenir. La coalition produit un support, elle ne mènera pas ce soulevement car ce n’est pas sa mission… » explique Ogmios. « Bombarder un pays n’est jamais un succès, s’exclame Ludovic. C’est la politique du pire qu’applique notre président sans en mesurer toutes les conséquences. On agit d’abord et on réfléchit après! »

    Nicolas Sarkozy est en train de sauver les libyens de leur dictateur

    D’autes lecteurs se montrent plus enthousiastes: « Il faut être reconnaissant au président de la République d’avoir réagi. Il est en train de sauver les libyens de ce dictateur qui ne se décide pas à quitter ce pays qu’il a détruit et asservi durant 42 ans », se réjouit Madamazur. Getupstandup veut rassurer les « antimilitaristes »: « Une action militaire vise des combattants. Il y a des armes, de la violence et des morts mais essentiellement militaires quand les victimes sont les cibles des pays capitalistes. Il y a déjà quelques temps que l’on s’est interdit toute action militaire à l’encontre des civils! »


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