1/ Solidarité avec les victimes japonaises Il faut sortir du nucléaire, maintenant ! 2/ APPEL SOLENNEL au gouvernement français suite à la catastrophe nucléaire au Japon 3/ Observatoire du nucléaire – Communiqué

Nous reproduisons ici le communiqué du PCOF, qui nous semble interessant.

 

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Fichier à télécharger :

Japon_PCOF

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RÉSEAU SORTIR DU NUCLEAIRE

NUCLÉAIRE : NOUS VOULONS AVOIR LE CHOIX !
APPEL SOLENNEL

au gouvernement français suite à la catastrophe nucléaire au Japon

Rassemblement unitaire le dimanche 20 mars à 15 h à Paris devant l’Assemblée nationale

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nucleaire

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Observatoire du nucléaire – Communiqués

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Observatoire_du_nucléaire

Billet mis en ligne par D.R. (DS Cgt Tyco Electronics France SAS)

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2 commentaires

  1. Japon: les « experts » mettent leurs oeillères
    SuperNo – Blogueur associé | Vendredi 18 Mars 2011 à 15:01 |

    http://www.marianne2.fr/Japon-les-%C2%A0experts-mettent-leurs-oeilleres_a203922.html?TOKEN_RETURN

    Alors que les Japonais s’efforcent de refroidir les réacteurs de Fukushima, le débat sur le nucléaire fait rage en France. Le blogueur SuperNo dénonce le discours pontifiant des experts et en appelle à trouver des alternatives, notamment en commençant par réduire notre consommation énergétique.

    Deuxième billet sur l’incroyable tragédie qui se joue au Japon, et notamment sur son volet « nucléaire », qui, à tort ou à raison, a pris le pas sur les conséquences humaines du tsunami.

    Je souhaite réagir aux commentaires à connotation nettement post-tchernobylesque qui ont rythmé les premières heures de la catastrophe, et qui avaient une nette tendance à minimiser l’accident.

    Les journalistes, et a fortiori les blogueurs, ne connaissent rien en technologie nucléaire, et feraient donc mieux de fermer leur gueule et de laisser parler les zexperts sentencieux.

    Ben oui, c’est vrai, ça. Il y a peu de physiciens nucléaires chez les journalistes et les blogueurs. Mais nous avons tout de même des yeux et des oreilles, et entre les deux quelques neurones qui renferment notamment une mémoire des événements passés, et qui n’ont toujours pas oublié les zexperts sentencieux qui nous ont raconté en 1986 que le nuage de Tchernobyl s’était arrêté à la frontière.

    Lorsque j’ai fait mon billet samedi, sur le coup de la colère et du choc des images de l’explosion de la centrale, de cette fumée blanche (habemus irradiatum papam !), j’ai entendu les zexperts, roides et sentencieux, déclarer dans tous les micros qui se tendaient : « Mais non, c’est pas la centrale qui a pété, c’est juste la carcasse du bâtiment. Mais le cœur du réacteur est évidemment derrière une enceinte de confinement étanche, pov’ pomme, et elle est intacte. Tu crois quand même pas qu’on n’avait pas prévu le coup, hein ? D’ailleurs la radioactivité a diminué, c’est quand même la preuve que tout va bien… »

    Ben voyons, c’est sûr, une centrale qui explose, c’est normal, c’est bon signe, et tout va bien.

    « Ta gueule, j’t’ai dit, t’y connais rien, laisse causer ceux qui savent. »

    Bon, j’ai laissé causer, et aujourd’hui, si on glisse sur le « détail » que 3 autres réacteurs ont explosé, il s’avère qu’au moins une des enceintes in-vio-la-bles est percée et fuit presque autant que les notes de la diplomatie américaine, et qu’une « piscine » de déchets usés est en train de se vider de son eau et s’apprête à relâcher ses particules radioactives dans l’atmosphère, au gré des vents.

    Les mêmes zexperts sentencieux avaient pourtant trouvé un argument massue : « Sur l’échelle des catastrophes nucléaires, celui de Fukushima atteint à tout péter le niveau 4. Alors que Three Miles Island c’était 5 et Tchernobyl 7. Pfff, rien à voir, donc… Faudrait quand même pas confondre un petit accident avec une véritable catastrophe… Pfff… Marre des gratte-papier qui entravent que dalle à Notre Science. Le genre qui appelle les pompiers pour une chasse d’eau qui goutte. Pfff… » Fermez le ban !

    Hier, les mêmes ont pourtant été contraints d’avouer, la queue entre les jambes, qu’on serait subitement passé au niveau 6… En attendant mieux, donc. On n’aura pas attendu bien longtemps, puisque en France, NKM a affirmé à mots à peine couverts que la situation pourrait être « pire qu’à Tchernobyl ». Vous allez voir que le niveau 8 n’est pas loin… En attendant mieux, évidemment…

    Sur le terrain, on voit une foule grandissante qui se précipite dans les trains et les avions pour fuir la zone, prélude probable à une espèce de remake de l’exode de 1940. On peut juste se demander où les 35 millions d’habitants de Tokyo pourraient bien trouver refuge…

    « Ah oui, mais, faudrait p’têt relativiser un peu, hein… Le vrai problème, c’est le tsunami, hein : 10 000 morts, tu te rends compte ? Alors que l’accident nucléaire, c’est zéro mort. Zé-ro ! Pas un ! Alors arrête de parler pour ne rien dire, s’te plaît. »

    Heu… Zéro mort ça reste à voir, vu qu’il y a encore des dizaines de futurs martyrs de l’atome qui sont encore sur le site à se faire cribler de becquerels et de sieverts… D’autre part, au fur et à mesure de la prise de conscience de la gravité de la situation, on agrandit la zone d’évacuation, et on commence à donner des conseils psychédéliques à la population, en lui demandant de rester calfeutrée chez elle. En attendant quoi, on se le demande. On peut aussi se demander comment on fait pour calfeutrer un logement (avec du scotch, répondent les zexperts sentencieux, toujours à la pointe de la science !), alors que de toute façon il échange forcément de l’air avec l’extérieur… Un blogueur ignare peut même démontrer qu’on ne peut guère rester plus de quelques jours enfermé dans un appartement sans ouvrir porte ou fenêtre, alors que la radioactivité peut durer infiniment…

    Par chance, les vents poussent la majorité des rejets vers le Pacifique, et non vers l’agglomération de Tokyo, à 250 km de là. On peut donc en déduire que l’avenir de dizaines de millions de personnes, de la terre qui les nourrit, de l’eau qui les abreuve, est suspendu à un changement de sens du vent… Et que donc tout va bien, que le nucléaire est une technique sûre, et que c’est même notre avenir.

    Malgré les vents favorables, on a aussi appris que des mesures de radio-activité à Tokyo auraient donné par moment des taux 10 fois supérieurs à la normale. Mais tout va bien. Car les zexperts sentencieux ajoutent aussitôt que cela n’a aucune influence sur la santé humaine. Et c’est peut-être vrai. J’ai moi-même passé toute ma jeunesse en Bretagne, sur la Côte de Granit-Rose, où la radio-activité est aussi supérieure à la moyenne, sans que les autochtones n’en subissent apparemment la moindre conséquence néfaste.
    Mais combien de temps ce raisonnement va-t-il tenir ? Au train (d’enfer) où vont les choses, demain ce sera peut-être 100, 1000 ou un million de fois… Que diront les zexperts sentencieux ?

    Ce soir, Le Monde titre : « Une contamination planétaire n’est pas à l’ordre du jour ». Du jour, non, mais du mois prochain ? Le simple fait de se poser la question prouve en tout cas que l’hypothèse n’est pas si farfelue.

    A ce propos, un lien fort intéressant : un anonyme a mis un compteur Geiger chez lui, à Chiba dans la banlieue de Tokyo. Pour un esprit cartésien, ça vaut tous les zexperts sentencieux et toutes les propagandes : rien de tel que des données brutes et non biaisées pour évaluer la situation. Ce mercredi après-midi, il a gentiment oscillé entre 0.12 et 0.20 microsievert/heure, ce qui correspond effectivement à une situation normale. Mais il sera intéressant de suivre l’évolution.

    Une simple comparaison permet de comprendre la situation. Les zexperts sentencieux, les nucléaristes, sont un peu comme les zéconomistes. Extrêmement hautains et méprisants vis à vis des béotiens qui ne comprennent rien à leur galimatias, ils révèlent leur vulnérabilité quand ils sont confrontés aux tristes réalités.

    Pour des scientifiques, ils ne sont pas très balèzes, puisque ni les uns ni les autres ne sont capables de prévoir les dysfonctionnements engendrés par leur système, dont ils continueront à vanter les mérites même après son explosion. Pire, ils donnent des leçons, et exigent qu’on leur obéisse. Un économiste ordonnera ainsi au vulgum pecus de laisser déréglementer, et de sacrifier ce qu’il croit être son intérêt à celui des actionnaires. De toute façon, il n’y a pas le choix, c’est comme ça, épissétou.

    C’est exactement la même chose chez les nucléaristes : y’a pas le choix, du nucléaire vous allez en bouffer, ayez confianssssssse, c’est bon pour vous, et de toute façon c’est ça ou la bougie.

    Quand la crise arrive, que ce soit celle des subprimes en 2008 ou celle du Japon ces derniers jours, le roi est nu : non seulement ils n’ont rien anticipé, rien compris, mais on voit clairement qu’ils ont perdu tout contrôle de leur jouet. Ainsi, au Japon, devant leurs réacteurs qui explosent comme l’essence Simoun dans Tintin au pays de l’or noir, les nucléaristes en sont réduits à s’allonger par terre, se boucher les oreilles, attendre que ça se passe, et le cas échéant, prier. Ah, oui, envoyer leurs hauts parleurs à la télé minimiser les conséquences de leur incurie, et expliquer contre toute évidence que tout va bien. Un peu comme Christine Lagarde qui expliquait que la « crise » était derrière nous quand les files d’attente s’allongeaient devant chez Paul Lempois.

    Quelque temps après la crise, les zexperts sentencieux reprennent du poil de la bête, et redeviennent aussi méprisants qu’avant. Ils ont évidemment tout compris, et pris les mesures nécessaires pour que cela ne se reproduise plus. On voit déjà ce que ça donne pour la finance, et on imagine fort bien ce que ça peut donner pour le nucléaire.

    « Ah oui, mais faut pas déconner ! Tu as déjà vu un tremblement de terre de 8.9 suivi d’un tsunami avec une vague de 10 mètres en France ? Hein ? Tu peux quand même pas condamner à mort une industrie tout entière sur un postulat aussi ridicule ! Tu te rends compte, tous ces emplois ! D’autant que, je te le rappelle, on n’a pas le choix, près de 80% de notre électricité provient du nucléaire… »

    Bon, OK, je ne vais pas essayer de faire croire qu’il y aurait un risque de ce type en France. Mais il ne faut pas pour autant être aveugle. Ce n’est pas le tremblement de terre ou le tsunami qui ont provoqué la catastrophe nucléaire. Ils n’ont provoqué « que » la panne des systèmes de refroidissement, qui ont par ricochet provoqué la surchauffe et les explosions. D’ailleurs, ni à Three Miles Island ni à Tchernobyl il n’y a eu de tremblement de terre et encore moins de tsunami.

    On rappellera utilement que lors de la tempête de 1999, en France, la centrale du Blayais en Gironde a failli être noyée.

    Quant au risque de panne du système de refroidissement, ce n’est pas parce qu’on est en France qu’on serait forcément à l’abri. La France, c’est tout de même le pays de l’Eurostar ou de la Laguna 2, et nous devrions par prudence et modestie éviter de trop faire les malins avec notre EPR qui serait le plus sûr du monde. Et je ne parle même pas des risques terroristes, personne ne sait quelle serait la résistance d’un réacteur percuté par un avion de ligne ou un missile.

    D’ailleurs, pour le savoir, il faudrait essayer. Pour les bagnoles, c’est simple : on la fracasse contre un mur, et on observe. Pour les centrales, je n’ai jamais vu qu’un tel test ait été pratiqué…

    Un exemple que j’aime bien évoquer, c’est celui de l’effondrement d’une passerelle il y a quelques années à l’aéroport de Roissy, et qui avait tout de même fait si je ne m’abuse une quinzaine de morts. Les journalistes, aussitôt accourus, avaient mené leur enquête en interrogeant les différents intervenants. Aéroports de Paris n’avait rien à se reprocher, il n’avait sélectionné que des entreprises ISO machin. L’architecte n’avait rien à se reprocher, il avait fait les plans dans les règles de l’art, et avait pris une marge considérable sur le calcul de la structure. Le constructeur n’avait rien à se reprocher, il avait utilisé du béton de la meilleure qualité, conforme aux normes les plus sévères… Etc etc. A écouter tous ces zexperts, c’est bien simple, l’accident était impossible, nous avons dû rêver. Et pourtant… Cela devrait au moins inciter à la modestie, même dans le domaine du nucléaire.

    Dans le cas de la centrale de Fukushima, les événements démontrent clairement, y compris pour le dernier des béotiens, que les zexperts sentencieux ont perdu tout contrôle de la situation, et ce dès le premier jour. Quoi qu’ils en disent. Et depuis, il subissent. Le discours de l’Empereur, ce matin est à cet égard le plus extraordinaire des aveux d’impuissance : il prie !

    Comment peut-on faire confiance à ces gens ? Comment peut-on envisager une seconde de leur confier notre avenir ?

    Bon, j’arrête de m’acharner sur les zexperts sentencieux, passons à une autre engeance bien plus nuisible encore : les politiciens. Ils auraient pourtant le pouvoir de faire cesser cette mascarade, si jamais l’avenir à long terme du pays prenait un jour le pas dans leurs priorités sur l’avenir à court terme de leur mandat électif.

    Quelques politiciens, outrés, pensent que remettre en cause le nucléaire français en profitant à la fois de l’émotion suscitée par le drame japonais et de la proximité des élections cantonales serait, je cite avec des pincettes « indécent ». Ils ont osé. Ces politicards qui en France pratiquent l’indécence au quotidien. Ceux-là même qui vendent des centrales nucléaires à Saddam Hussein ou à Kadhafi. Ceux-là même qui avant les élections agitent systématiquement l’islamophobie et le spectre de l’insécurité. Stérilement, d’ailleurs, puisqu’une fois l’agitation artificielle retombée, le problème n’est évidemment pas résolu, bien au contraire… Je serais presque d’accord avec Cécile Duflot, qui voulait « mettre un coup de boule » au premier qui lui parlerait encore de « récupération ». Il y a en France des gens qui hurlent de toutes leurs forces depuis des décennies pour sensibiliser aux problèmes potentiels. Et il faudrait qu’ils ferment leur gueule le jour où ce qu’ils ont prédit se produit ?

    Mention spéciale pour la Sarah Palin du Poitou, qui a érigé la cruchitude à des sommets insoupçonnés, et que son lourd passif en matière de politique spectacle grotesque et de ridicule qui ne tue pas, devrait au moins réduire au silence. D’ailleurs les zélateurs du nucléaire font évidemment l’unanimité chez les croissancistes de droite, mais aussi chez les « socialistes » et les productivistes d’extrême gauche. Pauvres militants écolos auxquels on va devoir faire avaler une pastille d’iode une alliance avec le pro-nucléaire DSK… Aurélie Filipetti, ancienne écolo passée au PS, ex-groupie royaliste, se démarque d’ailleurs aujourd’hui.

    Gag, on notera tout de même la conversion heureuse, quoique tardive, de Nicolas Hulot.

    Par ailleurs, comment prendre au sérieux les déclarations de Sarkozy, de Bertrand ou de Besson, à propos du nucléaire ? Ils sont tout autant discrédités sur ce sujet que sur tous les autres. Tiens, pourquoi ne pas confier le dossier à Roselyne Bachelot, tant qu’on y est ? Elle pourrait commander 95 millions de pastilles d’iode…

    J’ai beau réfléchir, je ne vois pas de meilleur exemple que « l’apocalypse » japonaise (pour reprendre les mots du commissaire européen à l’énergie) pour poser les bonnes questions, et de préférence trouver les bonnes réponses, sur l’avenir du nucléaire français. Ce système totalement opaque, aux racines militaires, désormais livré aux actionnaires privés amis de la clique sarkozyste, qui oppose le secret à toute question légitime, protégé par des barbouzes, par des mensonges et au besoin par des CRS. Ce système qui confisque à son profit la quasi totalité des budgets de recherche. Ce système qui rejette des déchets à durée de vie infinie. Ce système qui pille les ressources naturelles en Afrique et se vante ensuite de l’indépendance énergétique de la France. Ce système qui prétend produire de l’électricité bon marché, mais ne prend pas en compte des coûts cachés pharaoniques, comme celui du démantèlement, que par ailleurs personne n’a jamais réussi à mener à bien.

    L’argument massue qu’il faut casser est pourtant incontestable : en France, nous ne pourrons pas nous passer à court terme du nucléaire, puisque nous en sommes totalement dépendants. Bien sûr il faudra pousser les énergies renouvelables, même si, notez-le bien (car ce ne sera pas tous les jours), je suis assez d’accord avec Juppé pour dire que dans l’état actuel des choses le renouvelable ne peut pas dépasser 20% du total, pour les raisons que j’ai déjà répétées ici plus de 10 fois, et qui sont assez triviales : une éolienne, même offshore, ça ne produit quasiment rien comparé à un réacteur nucléaire. Je me méfie donc des propos à l’emporte-pièce d’Eva Joly, qui déclarait ces derniers jours que « y a qu’à remplacer les centrales nucléaires par des éoliennes offshore ». Les jours de panne de vent, elle pédalera, sans doute. Si ces nouvelles éoliennes ne couvrent même pas le surcroît de consommation d’une d’année, c’est de la pure luthomiction.

    Quant à remplacer le nucléaire par le gaz ou le charbon, c’est hors de question, tout le monde a entendu parler des gaz à effet de serre.

    Il ne s’agit pas non plus de faire du Sarkozy : « Un chien qui mord, une loi ». « Une centrale qui pète, un référendum ». Un référendum sous le coup de l’émotion, dans une période pré-électorale, avec Sarkozy en slip et Le Pen au sommet, cela aurait certes toutes les chances d’aboutir à un résultat massivement en faveur de l’abandon de la filière, mais c’est également la garantie d’un grand n’importe quoi. Il faut évidemment attendre que les particules retombent et poser le problème crûment.

    Le seul moyen pour pouvoir arrêter progressivement les centrales nucléaires, en commençant par les plus pourries, c’est de diminuer la consommation. Le kilowatt.heure le moins polluant, et le plus facile à produire, c’est celui qu’on ne consomme pas. C’est simple, à première vue. Le problème, c’est que c’est totalement incompatible avec le dogme de la croissance dont on nous martèle qu’il est le seul possible.

    Nous nous trouvons bel et bien face à un choix de société.

    Ou bien nous restons cons-sommateurs, lobotomisés par la pub, passionnés par la sortie de l’iPad2 ou de la Nintendo 3DS, et attendant fébrilement l’arrivée de la voiture électrique et de s’affranchir sans douleur du déclin du pétrole. C’est la position la plus communément admise, c’est la vision sarkozyste, défendue par la quasi totalité de la classe politique française.

    Ou bien nous calculons (comme il est tard, je sous-traite le calcul à un site scientifique ) : chaque jour, on peut estimer qu’une voiture parcourt 40 km. Pour 29 millions de véhicules et 10 kWh/100 km, cela fait un appel de 170 millions de kWh. Sur 10 heures de charge la nuit (des heures creuses), cela représente 10 centrales EPR en fonctionnement. Je vérifierai un autre jour, mais l’ordre de grandeur me semble cohérent. Qui est prêt à accueillir en France 10 centrales de plus ?

    C’est clair : la poursuite folle et désespérée de la croissance, de la con-sommation, de la pub omniprésente, ne peut se passer de nucléaire. Enfin, du moins pendant quelques dizaines d’années. Après, de toute façon il n’y aura plus d’uranium.

    Par contre, si on envisage l’avenir autrement, si on accepte de briser le cercle infernal de la « croissance », on pourra se débarrasser de ces saletés.

    Deux conceptions. Vous connaissez la mienne. Mais je n’ai hélas aucune illusion : peut-être que le Japon sortira du nucléaire, mais ailleurs, et surtout en France, une fois l’émotion passée, c’est l’autre qui l’emportera évidemment.

    Lire d’autres articles de SuperNo sur son blog.

  2. Comment EDF sous-traite ses centrales nucléaires
    Tefy Andriamanana – Marianne | Jeudi 17 Mars 2011 à 18:01 |

    http://www.marianne2.fr/Comment-EDF-sous-traite-ses-centrales-nucleaires_a203929.html?TOKEN_RETURN

    Le drame de Fukushima a réveillé le débat sur la sûreté des centrales nucléaires. Si la France n’est pas touchée par le risque sismique, elle pourrait faire les frais de la politique à bas coûts d’EDF.

    Nicolas Sarkozy l’assure : le nucléaire français est sûr. C’est le discours tenu alors que le Japon est au bord d’une catastrophe nucléaire avec sa centrale de Fukushima. Pourtant, la France a aussi ses propres failles. Certes, l’Hexagone est à l’abri d’un grand tremblement de terre mais d’autres catastrophes pourraient menacer nos centrales. Dans son livre Vers un Tchernobyl français ? (sorti en 2008), le journaliste Eric Ouzounian, se base sur le témoignage de « Monsieur X », un « responsable haut placé » d’EDF. Trois ans après, son livre prend soudain un nouveau sens.

    Car ce qui menace nos centrales n’a pas un cause naturelle mais financière. Car une société EDF privatisée doit être aussi rentable même à court terme. L’auteur évoque par exemple la protection face aux incendies. Eric Ouzounian note une chose : aucun pompier n’est présent à temps plein dans les centrales Pour assurer la première ligne de défense contre les incendies, EDF forme ses propres troupes à travers un stage. « La présence d’un officier appartenant au corps des pompiers est souhaité depuis longtemps par les salariés. Certains d’entre eux ont été habilités à prendre en charge ce risque en participant au stage incendie qui leur permet de recevoir une habilitation qui est définitive. La formation continue à la gestion de ce risque spécifique n’est pas vraiment efficace », écrit l’auteur (page 27).

    Sur le terrorisme, l’enquête est aussi alarmante. Il avait été prouvé que l’EPR ne résisterait pas au crash d’un avion de ligne. Mais pour les terroristes plus acharnés, nul besoin de jouer les kamikazes, il suffit d’attaquer un convoi de déchets nucléaires. « La protection des centrales et des convois de transports de matérieux irradiés est pratiquement impossible, pour des raisons de logistiques et de coûts. Mais l’opacité est de rigueur et les recherches d’information se voient toujours opposer la même fin de non-recevoir », écrit Eric Ouzounian (page 60).

    Course au profit

    *
    Japon: la dignité d’un peuple face à la puissance de la nature
    *
    Parler du nucléaire n’est pas indécent
    *
    Cohn Bendit danse sur la peur du nucléaire. Beurk!

    Au final, c’est cette recherche de la rentabilité à tout prix qui mine la sûreté du nucléaire français. « Cette sécurité a un coût incompatable avec la rentabilité maximale. Lorsqu’il s’est agir pour EDF de devenir une machine à gagner de l’argent pour son actionnaire, l’Etat, il est devenu impératif de changer les pratiques et les mentalités. Les choses se sont délitées progressivement » selon l’auteur (page 85. Monsieur X confirme ce « tournant financier » : « Les critères financiers sont devenus les seuls à être retenus. La rentabilité des capitaux engagés est devenue l’alpha et l’oméga de la politique gouvernementale » (page 86).

    La politique de sous-traitance d’EDF en est l’exemple. Notamment pour la maintenance des centrales. Quelques entreprises comme Suez ou Areva se partagent ce créneau. Pour Eric Ouzounian, cette sous-traitance « représente entre 80 et 85% de l’activité nucléaire, ce qui comprend l’entretien, le rechargement et les réparations réglementaires ou fortuites ». L’objectif est double : réduire les coûts et externaliser les risques. Et les pressions ont également fortes sur les prestataires. « Il y a un écart important entre le règlement et les possibilités sur le terrain, ce qui devient progressivement ingérable par les sous-traitants. » écrit l’auteur.

    Cette pression a évidemment des effets sur la sécurité. « Quand l’activité est trop forte, la procédure de sécurité est purement et simplement négligée. (…) On ne prête même plus attention à ce qui est considéré comme une habitude, et c’est un état d’esprit au travail qui se généralise, qui devient presque banal. Un grand nombre de petites activités de sécurité sont ainsi écourtées, et lorsque ces négligences se multiplient, elles sont susceptibles de provoquer un jour un incident dans la zone classique, c’est-à-dire hors du bâtiment du réacteur », selon Eric Ouzounian. Bref, si un communisme en déclin est responsable de Tchernobyl, quelle sera la responsabilité d’un libéralisme triomphant ?


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