Les idées du Front national n’ont pas leur place dans la CGT.

Cégétiste au FN : la CGT réunit tous ses adhérents de Moselle le 28 février

Le 31 janvier, un syndicaliste CGT, Fabien Engelmann, annonçait dans un long entretien accordé à Riposte Laïque et co-écrit par Pierre Cassen, le dirigeant de cette association, avoir adhéré au Front national.

Passé par Lutte ouvrière, puis par le NPA- il a même figuré en position de numéro deux sur la liste de ce parti en Moselle lors des élections régionales de 2010- ce militant syndical indiquait, entre autres, avoir fait le choix  de rejoindre le FN “avec l’arrivée de Marine Le Pen”. Dans cet entretien, M. Engelmann faisait également état de sa participation aux “Assises internationales contre l’islamisation”, organisées par Riposte Laïque et le Bloc Identitaire, le 18 décembre dernier à Paris (lire notre post ici ).

Depuis, la presse régionale l’annonce comme candidat FN aux cantonales.

Lundi 21 février, l’Union départementale CGT de Moselle a annoncé avoir suspendu le syndicat des communaux de Nilvange, dont M. Engelmann est le secrétaire général. Nilvange est une commune de la vallée de la Fensch en Moselle où le FN a réalisé des scrores relativement élevésaux régionales de mars 2010.

Dans un premier temps, on lui a demandé de démissionner. Il a refusé. On a réuni son syndicat. Les gens, en majorité, ont refusé de le désavouer. Du coup on a pris une mesure conservatoire, on va les voir jeudi prochain et continuer à expliquer que  les idées du Front national n’ont pas leur place à la CGT” indique Denis Pesce de l’UD CGT de Moselle. “C’est un  petit syndicat de petite commune, explique-t-il, qui compte 25 syndiqués. Les types trouvent qu’il est bien. Ils disent, en gros, : ce qu’il fait politiquement ne nous regarde pas”.

Quand des idées comme celles là se trouvent véhiculées dans notre corps militant, c’est peut être aussi qu’on a raté quelquechose” poursuit Denis Pesce qui se dit “particulièrement inquiet de la résonance des thèses du FN” dans le monde ouvrier qu’il côtoie.  “On entend plein d’analyses faciles sur les immigrés, la droite-la gauche tous pourris. Il y a un ras le bol de Sarko et pas de relève crédible de la gauche. J’entends des salariés dire du coup: “faut voter FN”.”

Pour l’instant,  c’est un cas isolé. Mais il est emblématique” affirme Thierry Gourlot, président du groupe FN au conseil régional de Lorraine. M. Gourlot qui est par ailleurs encarté à la CFTC cheminot assure : “Moi-même je vois qu’à la SNCF, il y a plein de cégétistes qui ont leur carte au Front”. Toujours selon ce cadre “mariniste”: “Fabien ne serait pas venu sous Jean-Marie Le Pen. C’est le discours laïque et sur les services publics de Marine qui l’a séduit. C’est un militant de Riposte laïque”.

La CGT a décidé de réunir le 28 février l’ensemble de ses adhérents de Moselle sur l’extrême droite. La fédération CGT des services publics qui a appuyé l’UD CGT 57 dans sa démarche sera représentée. Signe que l’affaire est prise au sérieux, la confédération sera également là, envoyant Francine Blanche, membre de la commission exécutive (la direction de la CGT).

 

Moselle

Communiqué de la Fédération CGT des Services publics et de l’Union départementale CGT de la Moselle


Les idées du Front national n’ont pas leur place dans la CGT

 


Ces dernières semaines, le secrétaire général du syndicat CGT des agents territoriaux de la mairie de Nilvange (Moselle) a fait connaître publiquement sa récente adhésion au Front national et sa candidature sous cette étiquette aux prochaines élections cantonales. Dans une interview publiée sur un site Internet, dans laquelle il se prévaut de son appartenance à la CGT, il défend les thèses du FN sur la préférence nationale, sur l’immigration comme cause du chômage, et contre la régularisation des sans-papiers.

Pour nos organisations, cette situation est intolérable à double titre : d’une part, parce qu’un militant CGT se fait ainsi le propagandiste de thèses contraires aux valeurs fondamentales et aux orientations de notre organisation ; d’autre part, parce que sa démarche constitue une tentative d’instrumentalisation de la CGT à des fins politiques.

Réunis le 15 février dernier à l’initiative de l’UD CGT 57 et de la Coordination syndicale départementale des Services publics, 26 adhérents du syndicat de Nilvange ont dans leur majorité refusé de désavouer leur secrétaire général.

En conséquence, et en concertation avec l’UD CGT 57, la commission exécutive de la Fédération CGT des Services publics, réunie le 16 février, a décidé, sur la base des statuts confédéraux et fédéraux, la suspension immédiate de l’affiliation du syndicat de Nilvange à la Fédération. Cette décision entraîne, dès sa notification au syndicat et à l’employeur, l’arrêt immédiat de toute activité CGT dans la collectivité. La CEF renvoie au Comité national fédéral, qui se tiendra en avril, le soin de statuer sur la situation de ce syndicat et les sanctions définitives à prendre. Celles-ci pourront aller jusqu’à la dissolution dans l’hypothèse où un syndicat ne pourra d’ici là être reconstruit sur des bases conformes aux valeurs et orientations de la CGT, avec les syndiqués qui désapprouvent la dérive actuelle.

Cette situation est l’occasion pour nos organisations d’appeler leurs adhérents à la plus grande vigilance, à la combativité et à l’information des salariés face à une organisation politique prônant le rejet de l’étranger comme exutoire à la détresse sociale et développant des thèses économiques et sociales contraires aux intérêts du salariat. Nos organisations seront particulièrement attentives à toute nouvelle tentative d’instrumentalisation de la CGT par un parti politique qui s’est toujours attaqué au syndicalisme démocratique, comme l’ont encore récemment illustré ses prises de position durant le mouvement de lutte contre la réforme des retraites.

Le 21 février 2011

Fédération CGT des Services publics – Case 547 – 263 rue de Paris 93515 Montreuil Cedex – Tél. 01 48 18 83 74

Union Départementale CGT de la Moselle – 10 rue de Méric – BP 42026 – 57054 METZ CEDEX 2 – Tél. 03 87 75 19 53

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Billet mis en ligne par D.R. (DS Cgt Tyco Electronics France SAS)

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Un commentaire

  1. Jeudi 24 février 2011

    CGT et Front National : une mauvaise et une bonne nouvelle

    http://ouvalacgt.over-blog.com/article-cgt-et-front-national-une-mauvaise-et-une-bonne-nouvelle-67981037.html

    La présence d’électeurs du FN dans la CGT n’est pas une nouveauté. La présence de militants du FN était un secret de polichinelle, depuis des années, et source de nombreuses polémiques dans nos rangs, entre ceux qui faisaient l’autruche et ne voulaient rien savoir, ceux qui niaient farouchement la réalité en certains endroits, et ceux déterminés à combattre l’extrême-droite dans nos rangs, tout simplement parce qu’ils la côtoyaient au quotidien. Un sondage réalisé il y a quelques années avait ainsi fait couler beaucoup d’encre…

    Mais au final, quoi d’étonnant à cette présence ? Si l’on associe la collaboration de classe, le développement de la misère avec la crise et les délocalisations, les contradictions de la classe ouvrière dont le racisme, les effets dévastateurs du « Fabriquons Français », et une Confédération largement dépolitisée, on a la soupe nauséabonde où peut s’incruster les thèses du Front National. Et encore plus à l’heure de la « marinisation » de celui-ci, c’est-à-dire l’heure d’une droite extrême décomplexée, anti-libérale, nationaliste et protectionniste, prétendument aux côtés des pauvres et des prolétaires.

    Il y a quinze ou vingt ans, ces militants existaient déjà. Nous ne parlons pas des quelques cinglés des groupuscules fachos, non, des militants FN connus, des colleurs d’affiches. Il y a eu des heurts, des tensions. On a le souvenir de réunions de syndicats sous haute tension, en présence de secrétaires fédéraux isolés dans une assemblée hostile, à quelques exceptions près…

    A l’époque, on se taisait, on cachait cette maladie honteuse, on évitait à tout prix de rendre public une situation intenable. C’était ambigü : c’était à la fois une honte qui devait être cachée, et à la fois un manque de fermeté face à une vraie influence du FN dans certains secteurs de la CGT. Fallait-il les exclure ? Les accepter au nom de la démocratie et de la séparation avec la politique ? Rien n’était clair.

    Avec la nouvelle vague de la crise, des restructurations et de l’impasse totale des réformistes impuissants face aux délocalisations dans la guerre économique mondiale, le « Fabriquons Français » reprend un peu du poil de la bête dans les secteurs les plus arriérés de la CGT, attisé par les résidus nationalistes de déçus du PC à l’ancienne, par exemple actifs dans le Nord Pas de Calais.

    Sous un autre plan, la campagne Sarkozy/Hortefeux/Besson contre les sans-papiers a provoqué une polarisation dans notre syndicat. Une large majorité à soutenu la campagne de régularisation, comme on a pu le voir au 49ème Congrès, même si seule une petite minorité de militants clairvoyants s’engageait dans la bataille. Mais une polarisation, c’est toujours des deux côtés… De l’autre côté, une minorité écoute aussi les sirènes du racisme et du nationalisme propagé par le gouvernement sur le fumier de la crise, et devient à nouveau sensible aux sirènes du FN marinisé…

    Nous publions ci-dessous une déclaration conjointe de la Fédé des Services Publics et de l’UD de la Moselle.

    Une mauvaise nouvelle : le renouveau de l’influence frontiste dans la CGT.

    Une bonne nouvelle : cette fois, c’est public, ouvert et des sanctions sont prises. Ce n’est plus une maladie honteuse, mais un cancer à combattre à la racine, publiquement, ouvertement. Ces militants, ces adhérents n’ont rien à faire dans la CGT, c’est une évidence, et (une fois n’est pas coutume), nous nous félicitons de l’attitude des structures responsables.

    Après, on pourrait continuer à s’interroger. La remise en cause des thèses frontistes ? Très bien. Et celles de collaboration ouverte avec le patronat, comme à Dalkia ? Et celles de corruption comme à Eurodisney, au CCAS de EdF ou dans les CE SNCF ?

    C’est-à-dire, pour poser la question plus crûment. Où est la démarcation fondamentale ? Entre une CGT « démocratique » (sic !) et l’influence des thèses du FN ? Ou entre une CGT en voie de CFDTisation et une CGT de lutte de classe ?

    Et encore plus fondamentalement : n’y aurait-il pas quelque part des relations entre ces deux dérives ???


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