Déclaration de Bernard Thibault Secrétaire général de la CGT/ Controverse autour d’un «scoop» décapitant la CGT

Déclaration de Bernard Thibault

Secrétaire général de la CGT

jeudi 27 janvier 2011

Un article de presse de ce matin, déjà fortement repris par d’autres médias, affirme que j’ai l’intention de « jeter l’éponge » à la fin de l’année en quittant les responsabilités que m’ont confiées les organisations de la CGT.

Je démens très clairement cette information.

Les « éléments » d’explication mis en avant pour tenter de crédibiliser cette annonce m’obligent à en dire davantage.

En aucun cas la CGT n’est en prise à des conflits internes tels qu’ils déstabiliseraient sa direction nationale.

Ce fantasme, relayé depuis plusieurs semaines, cherche à déstabiliser la CGT après avoir constaté la part prise par ses militants dans l’exceptionnelle mobilisation sur les retraites.

Malheureusement pour nos détracteurs, la CGT se renforce et c’est le président de la République qui sort un peu plus affaibli encore du bras de fer qu’il a imposé aux salariés.

Loin d’être déboussolée, je constate chaque jour au contraire une CGT offensive, lucide sur ses responsabilités et consciente des défis à relever par le mouvement syndical. Comme de nombreux militants, au-delà des difficultés inhérentes au combat syndical, j’éprouve une réelle fierté à militer a la CGT. Rien qui donnerait envie de partir.

Puisque ces sujets sont mis sur la place publique, je précise que je ne rencontre aucune difficulté particulière sur le plan familial et que mon bilan de santé se résume aujourd’hui à une sinusite ennuyeuse.

Pour l’avenir de la CGT et de sa direction, nous procéderons le moment venu – et ce n’est pas encore le cas – selon nos procédures habituelles, dans un cadre collectif et selon les procédures statutaires.

J’invite les organisations de la CGT, ses militants à ne pas se laisser détourner de notre principal objectif : créer partout les meilleures conditions pour la prise en compte des revendications des salariés.

Je suis pour ma part pleinement investi en ce sens. J’aurai l’occasion de le réaffirmer devant le Comité confédéral national de la CGT qui se réunit comme prévu les 3 et 4 février.

Montreuil, le 27 janvier 2011

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——LA CGT——

 

Laurence Dequay – Marianne | Vendredi 28 Janvier 2011 à 18:01

La CGT est au centre des débats depuis le « scoop » du Parisien annonçant que Bernard Thibault allait jeter l’éponge. Mais le départ du secrétaire général est acté depuis longtemps. La question de sa succession n’a pas encore été abordée.

Coup de blues, étranglement de son chat, étripages internes : depuis la sortie jeudi 27 janvier, par le Parisien d’un « scoop » annonçant que Bernard Thibault, jetait l’éponge, à mi-mandat en 2010, nombre de commentateurs rivalisaient d’arguments pour justifier son départ anticipé. Présentant même, comble de mauvaise foi, l’absence récente de Bernard Thibault aux vœux du président de la République, comme une preuve accablante du flottement qui règnerait au sein de la centrale de Montreuil.

« C’est désolant, regrette Maurad Rabhi, membre de la direction confédérale. De tels arguments nous condamnent à la langue de bois. » Plus florentin encore. En dépit du démenti formel et ironique du leader de la CGT, qui, côté santé, s’est contenté de déplorer « une ennuyeuse sinusite », un grand quotidien soupçonnait même le secrétaire général de la CGT, d’avoir lancé la rumeur de son départ, pour faire jouer chez ses militants la corde du « cessez de me casser les pieds ou je démissionne ». Autant de supputations qui dans une organisation ou le collectif n’est pas un vain mot, où des instances débattent selon des agendas scrupuleusement fixés deux mois à l’avance, laissent pantois. « On aimerait que les journalistes restent dans la réalité. Et qu’ils ne calquent pas leurs décryptages de la CGT sur ceux qu’ils osent à l’endroit des partis politiques, renchérit un conseiller de Thibault. Si notre secrétaire général n’est pas apparu dans une grande émission de télé ou de radio depuis la promulgation de la loi sur les retraites, ce n’est pas qu’il veuille jeter l’éponge. C’est parce qu’il n’a pas été invité ! » 

Car sur le fond, le départ de Thibault est acté depuis longtemps. « Que Bernard ait l’intention de quitter les rênes de la CGT, n’est un mystère pour personne puisqu’il a annoncé dès sa réélection que ce serait son dernier mandat, rappelle un des huit membres du bureau confédéral, cénacle auquel, à en croire le Parisien, Bernard Thibault a réservé l’annonce de son départ anticipé. Mais la question de sa succession comme le calendrier de cette transition, processus, qui chez nous, relève de la « politique des cadres » et non de l’ambition de tel ou tel, n’ont pas encore fait l’objet de discussions au sein de notre Comité Confédéral National. » Au plus tôt, le sujet serait inscrit à l’ordre du jour en juin prochain. L’organisation de « primaires » pour départager des candidats auto-déclarés n’étant pas une tradition maison, les militants débattront d’abord du profil souhaitable du successeur de Bernard Thibault. Lors de son dernier Congrès, la CGT s’était fixé un objectif précis : se redéployer de ses bastions historiques vers les services et les PME. Son intense mobilisation sur la question des retraites lui a fait prendre du retard sur ce chantier. Elle pourrait donc favoriser une candidatures comme celle de Nadine Prigent, représentante de la CGT au sein de l’Intersyndicale, issue de la Fédération Santé-Sociaux. Mais rien n’est encore tranché.

Car les questions de calendrier font également débat. Sur ce point, l’unique argument tactique avancé pour justifier un retrait anticipé de Thibault – permettre à son successeur d’être en place avant l’élection à savoir présidentielle -, étonne au plus haut niveau. « On aurait peut-être réfléchi comme cela en 1969 ou en 1981 affirme un historique de Montreuil. Mais nous n’avons eu de cesse de nous démarquer des échéances politiques. Ce n’est  pas pour nous recaler sur la présidentielle de 2012. » Il y aurait  d’autant moins urgence qu’au delà de leurs divergences tactiques ou des velléités d’indépendance de grandes fédérations comme celle des dockers engagée dans un bras de fer avec le gouvernement sur le thème de la pénibilité, la majorité des cadres CGT est plus à l’unisson qu’il y a quelques mois. Et pour elle, puisque le gouvernement n’a tenu aucun compte de la mobilisation des salariés sur les retraites, plus question de se plier à un agenda politico-médiatique. L’urgence, chez les partisans comme les détracteurs de Thibault qui s’expriment sur le site « Où va la CGT », n’est pas de changer de secrétaire général. Mais de peaufiner une stratégie efficace pour défendre l’intérêt des salariés. Stratégie qui ne saurait renoncer d’emblée à des mobilisations pendant les négociations comme le souhaiterait la CFDT.

——LA CGT——

 


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