TOUCHES PAS AUX 35 HEURES! $ 1- Copé jette le masque / 2- Pourquoi l’idéologie Valls-Sarkozy est à l’origine du chômage et de la crise ?

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35 heures : Copé jette le masque

Le débat sur le « déverrouillage » des 35 heures, relancé par Manuel Valls, montre enfin les véritables enjeux. Selon Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, il s’agit bel et bien d’organiser la baisse des salaires, au moins « dans un premier temps », afin de récupérer 25 milliards d’euros pour le Budget tout en supprimant la durée légale du travail.

l faut reconnaître un avantage à Jean-François Copé: de temps en temps, il jette vraiment aux orties la langue de bois, comme il l’avait juré dans un livre en 2007. Ce matin sur RTL, le secrétaire général de l’UMP a lâché devant Jean-Michel Apathie le fond de sa pensée sur la question des 35 heures . On comprend très vite que les « 35 heures » sont un prétexte. Copé sait bien que le dispositif de Martine Aubry n’est plus qu’un fantôme. Ce qu’il cherche c’est à récupérer les « 22 ou 25 milliards d’euros » d’exonération de charges sur les bas salaires et les heures supplémentaires « intenables par ces temps de crise ». Il propose donc de supprimer toute durée légale du travail, de faire travailler plus tout en gagnant pas plus. « C’est inéluctable », martèle-t-il. Copé, comme la droite française (et une partie de la gauche comme Manuel Valls ) est obsédé par la perte de compétitivité française, notamment par rapport à l’Allemagne. Sur dix ans, à l’initiative de Gehrard Schroeder, celle-ci a réussi à gagner 15% de compétitivité par rapport à ses voisins, en ramenant ses coûts salariaux à des niveaux proches des nôtres. La France avait fait de même dans les années 80 et 90, avec la « désinflation compétitive ».

Copé propose de prendre le même chemin, mais en cinq ans. Travailler plus pour gagner pareil, signifie  programmer une baisse des coûts horaires. Si on revient ainsi aux 39 heures, cela signifie un gain de 10% pour l’employeur. Mais un élève de CM2 remarquera que les entreprises tricolores ne gagneraient aucunement en compétitivité, puisque ce qu’elles gagneraient sur le coût de la main d’œuvre, elle le perdrait par le biais de la subvention de l’Etat aux bas salaires. A moins de supprimer les postes à bas salaires ! En fait, Copé nous propose un impôt payé en temps par les salariés. Cela existe déjà : la « journée de solidarité » rapporte 1 milliard d’euros par an depuis 2004. La réforme des retraites est aussi une sorte d’impôt « temps » sur les salariés, qui travaillent sur une durée plus longue…

Il s’agirait de plus d’une régression sociale : l’abolition de la durée légale de travail, remplacée par le plafond européen de 48 heures maximum par semaine est une vieille revendication ultralibérale, bien dans la ligne d’Hervé Novelli, adjoint de Jean-François Copé à l’UMP. Ce n’est plus la revanche sur les 35 heures d’Aubry, mais sur les 40 heures du Front populaire…

Il n’est pas sûr que les patrons soient très chauds pour passer un tel marché.  On entend d’ailleurs déjà les représentants des artisans protester. Selon l’UPA : « Supprimer ces exonérations serait une erreur fondamentale et reviendrait à tuer dans l’œuf tout espoir de reprise », alors que « les réductions de charges contribuent mieux que toutes autres mesures à créer et à préserver l’emploi en France »..

Le Medef accueille favorablement  l’idée d’un abandon de la « durée légale » du temps de travail, un « concept obsolète » à ses yeux, mais ne veut pas qu’on touche aux allègements des charges au risque « d’effets désastreux sur l’emploi »….

Existe-t-il d’autres solutions ? Au moins vaut-il d’étudier la TVA sociale, qui permettrait de basculer une partie des charges des entreprises sur la fiscalité indirecte. Les importations n’en supporteraient qu’une partie, ce qui est positif. La compétitivité des entreprises françaises en serait améliorée. Certains disent que le mouvement serait de toutes façons modeste.

Mais la véritable compétitivité globale se gagne d’abord sur les produits et les services offerts par l’économie à sa propre population et au reste du monde. La panne française en la matière est évidente : désertification industrielle sur les produits basiques, cartellisation de la grande distribution trop chère, rente des grands groupes de services trop chers aussi, etc. Les technologies de pointe que nous fabriquons (TGV, nucléaire…) datent trop souvent des années 70. Conclusion : Il faudrait se retrousser les méninges avant de le faire avec nos manches !

———TOUCHES PAS AUX 35 HEURES———

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Pourquoi l’idéologie Valls-Sarkozy est à l’origine du chômage et de la crise ?

« Travailler plus pour gagner plus » est le slogan idéologique avec lequel les néo-libéraux résument et habillent la dérégulation d’un paramètre économique et social essentiel : la durée du travail des salariés. Avant 1981, toute entreprise qui voulait faire travailler ses salariés en heures supplémentaires devait solliciter, chaque année, l’accord de l’inspection du travail. Cette procédure de contrôle permettait notamment à l’inspection du travail de refuser des plans de licenciements à des entreprises qui recourraient abusivement aux heures supplémentaires. Cette dérégulation progressive du temps de travail a conduit les entreprises à faire du nombre de postes de travail la seule variable d’ajustement des fluctuations économiques. Alors que le principe de solidarité aurait du conduire à faire fluctuer les durées du travail comme les fluctuations économiques subies par les entreprises : baisser la durée moyenne du temps de travail en période de récession ou de chômage élevé et inversement. A ce refus de solidarité s’est ajouté le refus de prendre en considération des faits peu contestables, tels que l’accélération des gains de productivité et l’augmentation du pourcentage des femmes souhaitant travailler. Enfin, alors que le retour à des taux de croissance de nature à faire baisser significativement le chômage est une illusion depuis 20 ans et que cela a peu de chances de changer dans les décennies à venir, des irresponsables continuent à mentir aux Français en promettant plus de croissance, comme unique remède au chômage .

Michel Rocard écrivait en 4ème de couverture de son livre « Les moyens d’en sortir » publié en 1997 : « L’inexorable montée du chômage démontre l’inefficacité de toutes les techniques utilisées pour le combattre … On ne luttera efficacement contre le chômage massif que par la réduction massive du temps de travail. Toute la question est : comment faire ? ».

Mais l’idéologie de droite – répandue également dans certains partis de gauche – s’est toujours opposée à une répartition plus équitable du temps de travail entre ceux qui se ruinent la santé au travail et ceux qui n’ont pas d’emploi, ou seulement des petits boulots précaires. Ce refus était basé sur l’affirmation aussi dogmatique qu’infondée selon laquelle « le temps de travail ne se partage pas ». Avec le « travailler plus pour gagner plus » on franchit un degré supplémentaire dans le cynisme. Ce n’est plus l’employeur qui s’oppose à une réduction du temps de travail génératrice de plus d’emplois. C’est le salarié qui est invité, s’il veut gagner plus, à plus d’individualisme et à s’asseoir sur la solidarité et l’intérêt général.

Il n’est donc pas exagéré d’affirmer que l’idéologie Valls-Sarkozy du « Travailler plus pour gagner plus » est responsable de la persistance d’un chômage de masse, mais aussi du développement de l’individualisme et du mépris de l’intérêt général.

Circonstances aggravantes pour ces « responsables » irresponsables : leur idéologie a également conduit à la crise. Car le chômage de masse est, avec la dérégulation financière, la cause première de la crise. Et non la crise qui est la cause du chômage, même si, bien entendu, elle l’augmente. C’est en effet la persistance d’un chômage de masse pendant 30 ans qui a conduit, dans l’ensemble des pays de l’OCDE, à un transfert de 10 points de PIB des salaires vers les profits. Ce déficit de pouvoir d’achat des salaires a du être compensé par un accroissement continu de l’endettement des ménages et des Etats, afin de maintenir un minimum de croissance et éviter une explosion du chômage. Cette croissance artificielle basée sur un accroissement continu de l’endettement ne pouvait que conduire les économies dans le mur. L’engrenage prévisible et inéluctable s’est enclenché lorsqu’en 2007 la bulle immobilière a commencé à se dégonfler aux USA entraînant la crise des subprimes, puis crise financière, puis crise économique et sociale généralisée.

Pour des informations plus détaillées et chiffrées, voir

· le diaporama « Comprendre le chômage et les causes de la crise » sur http://www.retraites-enjeux-debats.org/spip.php?article513

· « Les Français n’ont pas besoin de travailler plus longtemps, mais de travailler tous ! » , une Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy publiée en août 2010 sur http://www.retraites-enjeux-debats.org/spip.php?article316

A propos du « coût des 35 heures »

A la fin des années 90, donc avant les lois Aubry sur la réduction du temps de travail, la droite, le Medef et beaucoup de dirigeants socialistes estimaient que de nouveaux allègements des charges sociales sur les bas salaires étaient nécessaires, afin de limiter les délocalisations vers les pays à main d’œuvre bon marché. Le gouvernement Jospin/Aubry/DSK a simplement eu l’habilité, à l’occasion de la loi instaurant la durée légale à 35 heures, de conditionner l’attribution de ces nouveaux allègements de charges à la signature d’accords d’entreprise sur la RTT. Pour les bas salaires, ces allègements ont plus que compensé le surcoût temporaire que représentait, pour les entreprises, une RTT sans baisse de salaire. La droite et le Medef exigeaient ces exonérations, mais s’opposaient à toute RTT. Il est donc abusif et malhonnête de qualifier ces exonérations de charges de « coût des 35 heures ».

Le gouvernement Fillon répète que les 35 heures sont déjà mortes et enterrées, suite aux multiples lois votées depuis 2002 pour les « assouplir ». Si certains parlent encore aujourd’hui du « coût des 35 heures », c’est simplement que les gouvernements de droite ont vidé de son contenu la 2nde loi Aubry incitative à la RTT, tout en maintenant les avantages qui avaient été accordés en contre-parties aux entreprises (allègements de charges, annualisation du temps de travail, contrats de travail en jours …). Les députés de droite sont donc seuls responsables de ce qu’ils osent nommer « le coût des 35 heures ».

andré martin co animateur du site http://www.retraites-enjeux-debats.org/

Toute diffusion ou publication sur vos blogs est autorisée et encouragée

 

Billet mis en ligne par D.R. (DS Cgt TEF SAS)

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2 commentaires

  1. 13/01/2011
    Sarkozy enterre à Toulouse les 35 heures et la retraite à 60 ans devant les salariés d’Airbus

    http://www.libetoulouse.fr/2007/2011/01/sarkozy-enterre-%C3%A0-toulouse-les-35-heures-la-retraite-%C3%A0-60-ans.html

    ÉCONOMIE. Qu’on se le dise: le président de la République aime l’industrie. Il est d’ailleurs venu le marteler lui-même ce jeudi 13 janvier aux «forces économiques» réunies à midi sous les hangars d’assemblage de l’A380 à Toulouse.
    Nicolas Sarkozy aime Airbus et la filière aéronautique comme il aime Alstom qui construit des TGV ou les chantiers naval de Saint-Nazaire.

    Les salariés que le chef de l’État croise au pied de la carcasse d’un A380 enregistrent surtout que la retraite à 60 ans et les 35 heures appartiennent désormais à l’histoire ancienne, -«même si c’est difficile, admet le président devant eux. Mais il en va de l’avenir économique du pays»

    Comme pour les consoler, le président leur dit aussi qu’ils sont «les meilleurs ouvriers du monde» construisant «les meilleurs avions de monde». «Et je vous répète là ce que j’ai encore dit lundi, dans le bureau du président des Etats-Unis», précise-t-il à ces salariés.

    Nicolas Sarkozy est au moins venu montrer à Toulouse qu’il cause aussi bien à Barak Obama qu’aux câbleurs de l’usine Lagardère. Il prend ainsi 9 minutes pour s’entretenir avec le secrétaire FO du comité d’établissement au détour de sa visite des ateliers. Le président veut faire savoir que s’il est dur en matière économique, il reste sensible à la question sociale. Aux questions sociétales aussi:

    «Je sais la souffrance et l’injustice que peuvent ressentir nos concitoyens, dit-il. Et la profonde aspiration à davantage de justice». Mais il a une solution à ces maux: le travail et la rémunération que celui-ci apporte, la baisse du chômage qu’il préfère appeler «l’augmentation du taux d’emploi» et la vente à l’export des «merveilleux produits» que la France «terre de production» est capable de mettre sur le marché. Dans tous les cas, insiste-t-il bien, «il faut se battre. Renoncer, ce n’est pas la vie»

    Ce président très volontaire est arrivé à Toulouse-Blagnac à bord de son propre airbus, acheté d’occasion à la Sabena et baptisé Sarko One par les médisants. Pour l’anecdote, l’entreprise Airbus fait savoir que, ne vendant que du neuf, ses équipes toulousaines ne sont pas intervenues dans l’aménagement présidentiel de l’appareil…

    GLv.

    Nicolas Sarkozy interrompt sa visite pour entendre le secrétaire FO du comité d’établissement d’Airbus. Photo: DR

  2. 35H00 : Gérard Filoche répond à Manuel Valls !

    de : Bernard Gensane

    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article112264

    http://www.marianne2.fr/SlovarMarianne/35H00-Gerard-Filoche-repond-a-Manuel-Valls-_a152.html

    Si Manuel Valls voulait faire réagir en évoquant un « déverrouillage » des 35H00, c’est réussit. Gérard Filoche, inspecteur du travail met en cause ses propos et lui répond par écrit en 25 questions réponses sur les 35H00

    35H00 : Gérard Filoche répond à Manuel Valls !

    Comme beaucoup de gens qui se reconnaissent dans les idées de gauche, nous avons été atterrés par le fait que Manuel Valls puisse proposer de « déverrouiller » les 35H00 au moment même où l’UMP va présenter son pré-rapport sur le sujet.

    C’est pourquoi, il était important de connaître la position de l’un des meilleurs connaisseurs du monde et du code du travail et membre du Parti Socialiste : Gérard Filoche.

    Pour ce faire, il a pris sa plume et dans un texte dense mais précis :  » Contre l’ignorance totale de Manuel Valls et de quelques autres – 25 questions-réponses rapides sur les 35 h – (presque) tout savoir sur les 35 h  » il démonte point par point l’argumentaire de Manuel Valls, de l’UMP et de quelques dirigeants socialistes qui, visiblement, parlent sans connaître réellement le sujet.

    Nous vous donnons ci-dessous de larges extraits du texte qu’il nous a transmis et également publié sur Démocratie & Socialisme

     » (…) Ce qu’a dit Manuel Valls témoigne de son incompétence totale en droit du travail, en économie, en histoire. Ce garçon n’a jamais travaillé, il n’y connaît rien, il ignore et méprise des millions de salariés, qu’il s’oblige donc à faire femme de service dans les écoles de sa circonscription et au bout de quelques mois où il aura passé la serpillière dans les réfectoires, il sera pour les 35 h et réclamera à coup sur le paiement majoré d’heures supplémentaires…

    1 – Est-ce que les 35 h sont « verrouillées » ?

    Il n’y a aucun verrou. D’aucune sorte. Les 35 h ne sont que la durée légale du travail. Elles ne sont que le seuil de déclenchement des heures supplémentaires. Le seul verrou existant est la durée maxima qui est de 48 h hebdomadaires. Avec les 35 h il y a place pour 13 h supplémentaires hebdomadaires, davantage qu’avec les 39 h où il ne pouvait y avoir que 9 h supplémentaires par semaine.

    2 – Est-ce que les 35 h sont un carcan ?

    Copé félicite Valls pour « sortir du carcan dogmatique hérité de Madame Aubry, c’est aussi se donner une arme de plus dans la cruciale bataille contre le chômage ». Il n’y a aucun carcan. D’aucune sorte ( Hélas !) C’est ce que Xavier Bertrand a répondu a Copé (…)

    3 – Est-ce que les 35 h n’existent déjà plus réellement ?

    C’est malheureusement ce que dit Montebourg, député PS et lui aussi candidat aux primaires socialistes : « Les 35 heures n’existent plus, donc évidemment rouvrir ce débat est inutile ». Arnaud Montebourg n’y connaît rien non plus. Les 35 h existent. Elles s’imposent même à 100 % des salariés, à 100 % des employeurs. C’est une durée légale d’ordre public social valable dans toutes les entreprises, toutes les branches, tous les métiers, tous les statuts.

    4 – Est-ce que les 35 h empêchent les Français de travailler davantage ?

    (…) La meilleure année depuis un siècle de la croissance française, de l’emploi en France, c’est l’année 2000, année de la mise en place des 35 h. 350 à 400 000 emplois de plus. C’est la meilleure année sociale de toutes les annales. Moins de précaires, hausse de la masse salariale, toutes les caisses de protection sociales étaient au vert (…)

    5 – Est-ce que les 35 h empêchent de travailler deux ou trois heures de plus ?

    (…) Il y a place légale pour 13 supplémentaires mensuelles majorées par semaine. Quant au contingent annuel maximum d’heures supp’, il était de 91 h dans la métallurgie en 1995, de 120 h en général lorsque le patronat signait l’accord du 31 octobre 1995 considérant que les heures supp’ devaient être « exceptionnelles et imprévisibles » (…)

    6 – Est-ce qu’à cause des 35 h on travaille moins que les autres pays ?

    (…) Nous sommes dans la moyenne européenne : la durée hebdomadaire du travail en 2007 de l’ensemble des actifs était de 37 heures en France, pour 37,3 heures en moyenne dans l’Europe des 15. C’est presque une heure de plus qu’en Allemagne (36,2 h), une heure et demie de plus qu’au Danemark (35,5 h) et dans les pays Nordiques, et presque cinq heures de plus qu’en Hollande (32,2 h) (…)

    7 – Est-ce que le monde (du travail) a changé depuis 1997 ?

    (…) Il y a davantage de chômeurs, les records mondiaux sont battus. Le néo-libéralisme et la dictature de la finance tendent à ramener les durées du travail réelles au niveau du XIXe siècle, avec souffrance, stress, contre la santé et contre l’emploi (…)

    8 – Est-ce que les 35 h sont une idée des années 70, 80, 90 ?

    C’est un progrès historique. L’histoire du code du travail EST l’histoire de la réduction du temps de travail. De 1840 à 1920, il a fallu 80 ans pour passer de la journée de 17 h à la journée de 10 h. de 1936 à 200 il a fallu 70 ans pour passer de 40 h à 35 h : en 70 ans, on a réussi en pratique, dans les faits, dans la vie réelle (…)

    9 – Est-ce que les 35 h coûtent cher aux entreprises ?

    Les 35 h ne devaient pas se faire à « profit constant » mais comme un moyen de redistribuer emplois et richesses. Mais non, le Medef a « mené la guerre » depuis 13 ans aux 35 h. Il a exigé des masses de subventions. Il ment en prétendant que ça coûte trop cher : en fait pour refuser de négocier les salaires. Mais ses profits n’ont jamais été aussi énormes, la France n’a jamais été aussi riche.

    10 – Est-ce que les 35 h coûtent cher à l’état ?

    Ça coûte à l’état qui prend sur les impôts que paient les salariés : parce que l’état redistribue d’énormes sommes au patronat (…) Entre 30 et 45 milliards d’exonérations de cotisations sociales de 1 à 1,3 fois le Smic ce qui va en premier dans les poches du CAC 40 (…)

    11 – Est-ce que les 35 h ont déjà été détricotées ?

    Jack Lang :« Les 35 heures ont été déjà partiellement détricotées, réadaptées ». Encore une fois ça ne veut rien dire ! les 35 h c’est un chiffre, un repère unique pour la durée légale (…)

    12 – Est-ce que les 35 h ont bloqué les salaires ?

    (…) Lionel Jospin (…) a proclamé les 35 H HEBDOMADAIRES PAR LA LOI SANS PERTE DE SALAIRES. Ce sont les patrons qui ont bloqué les salaires et tout tenté pour les flexibiliser (…)

    13 – Est-ce que les 35 h ont été annualisées ?

    (…) Dans moins de 0,3 % des cas, il y a eu des accords d’annualisation ou de modulation. Ils sont mauvais : car ils reviennent à rendre les heures supplémentaires invisibles et non majorées (…) En fait le patronat (…) y fait recours dans 76 % des cas pour ajuster les horaires

    14 – Est-ce que les 35 h ont été annulées par la flexibilité ?

    (…) La flexibilité s’oppose aux 35 h, elle cherche à moduler la durée légale, la durée maxima, le taux des heures supp’ etc. mais tant qu’il reste un ordre public social avec un chiffre unique de repère, les 35 h sont là. Le patronat est pour la flexibilité, mais quand il s’agit de payer, il est d’une rigidité extraordinaire.

    15 – Est-ce que la loi TEPA a réglé la question des 35 h ?

    (…) TEPA a poussé à des heures supp’ en les faisant payer en partie par l’état (par les impôts de salariés). Cela revient à faire travailler plus ceux qui ont un travail au détriment de ceux qui n’en ont pas. Ça coûte cher et cela a mal marché : 4 milliards qui vont dans la caisse des patrons et augmentent le nombre de chômeurs non embauchés (…)

    16 – Est ce que les 35 h sont fraudées ?

    (…) Il y a 1 milliard d’heures supp ‘ dans ce pays qui ne sont pas déclarées, pas majorées et même pas payées du tout, ce qui est l’équivalent de 600 000 emplois (…)

    17 – Est-ce que les 35 h n’ont pas d’effet dans les petites entreprises ?

    Mais si ! Elles s’imposent à toutes les petites, moyennes et grandes entreprises. Même Alain Vidalies ne rend pas compte de la vérité quand il écrit : « Par exemple, Valls met en garde [les socialistes] contre une généralisation des 35 heures aux PME. Mais c’est François Fillon, en 2003, qui l’a mise en place (…)

    18 – Est-ce qu’il est déjà possible de déroger aux 35 h ?

    Oui, depuis la loi Bertrand, par « accord » avec des syndicats représentant une majorité des salariés concernés. Ce fut le cas à Continental et dans un certain nombre de cas phares ou le patronat fit chantage à l’ordre public social, obligeant les salariés sous peine de chômage à travailler plus sans que les heures supplémentaires soient majorées… et puis les patrons de Continental, après avoir fait avaler cet accord, ont quand même fermé et licencié (…)

    19 – Est ce que les RTT ont été supprimées ?

    Oui, il y a eu certains textes pour faciliter les « forfaits » sans contrôle et avec moins de jour de RTT parmi les cadres notamment, avec parfois une définition extensive et contestable du statut de « cadre » (…)

    20 – Est ce que les 35 h n’existent plus pour les cadres ?

    Les cadres sont aux 35 h, de droit commun comme tous les salariés. En fait, nul ne peut les faire travailler plus de 10 h par jour, ni plus de 48 h par semaine ! (…)

    21 – Est ce qu’il faut « étendre » les 35 h ?

    Non, elles sont étendues. Les 35 h art. 1 de la loi Aubry sont une loi magnifique, la plus avancée au monde. Mais on pourrait prendre des mesures pour rapprocher la durée réelle du travail de la durée légale (…)

    22 – Et si on repassait aux 40 h ?

    Faire machine arrière toute 70 ans en arrière, cela ne reviendrait qu’à une seule chose : abaisser les salaires . Car des millions de salariés perdraient la majoration de 25 % pour les heures entre 36 et 40. ET il y aurait un million de chômeurs de plus au bas mot.

    23 – Est-ce que supprimer les 35 h ça augmenterait les salaires ?

    Ça les baisserait automatiquement pour ceux qui feraient des heures supp’. Et pour tous les autres qui auraient encore moins de travail à se répartir.

    24 – Et si on augmentait le nombre autorisé d’heures supplémentaires ?
    Il est déjà énorme et parfois heureusement inatteignable. Les Britanniques en effet pratiquent l’opt out. (Article 18 de la directive 93-104) Sarkozy a tenté de faire passer la semaine de 65 et de 72 heures quand il présidait l’Europe en décembre 2008 : il a été battu heureusement par le Parlement européen. Mais la directive sur le temps de travail est toujours sur la table en Europe… Danger !

    25 – Et s’il n’y avait plus de durée légale ?

    C’est le rêve absolu du Medef. Il ne cesse de revendiquer cette « solution »… finale. Cela casserait tout repère, aussi bien pour la durée que pour les salaires. Plus de Smic à 151 h 66. Plus de « grilles de salaires « conventionnelles. Faire fluctuer, rendre confus, pour mieux couler tout le droit du travail.

    Gérard Filoche

    Crédit photo
    FlickR CC – Parti socialiste

    Commentaires (19)
    Rédigé par J-C Slovar le Mardi 4 Janvier 2011 à 10:36
    Profil
    J-C Slovar


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