REFORME DES RETRAITES SARKOZY/ WOERTH/ FILLON: Thibault promet que «la CGT ira jusqu’au bout» contre la réforme des retraites./ la CGT prête à faire cavalier seul.

Ce samedi, les Français sont appelés à descendre dans la rue, pour la huitième fois en deux mois, mais après le vote de la loi, les syndicats s’interrogent sur l’ampleur de cette mobilisation.


Bernard Thibault dans le cortège parisien le 28 octobre

Bernard Thibault dans le cortège parisien le 28 octobre (© AFP Bertrand Langlois)

Et si l’unité du front syndical se fissurait ? La CGT continuera à se mobiliser contre la réforme des retraites. C’est la promesse faite par son secrétaire général, Bernard Thibault, dans un entretien à L’Humanité publié samedi, huitième journée nationale de manifestations contre la réforme.

«La journée de manifestations d’aujourd’hui représente un nouveau temps fort. Il y en aura d’autres. Nous l’avons toujours dit: la CGT ira jusqu’au bout», déclare Thibault, estimant que «même si la plupart des médias ont tiré le rideau, le mouvement est profondément installé dans le pays». Message, notamment à une partie de sa base qui n’entend pas lâcher prise: «S’il s’avérait impossible de continuer la bataille sur les retraites avec un engagement unanime de tous les syndicats, la CGT continuerait le combat avec ceux qui le souhaitent», prévoit-il.

Thibault se fixe, comme «échéance principale» celle du 1er juillet 2011, à partir de laquelle les mesures de la loi entreront en application. «D’ici là, nous avons largement la possibilité de créer le rapport de forces nécessaire pour obtenir l’ouverture de négociations», selon lui.

«Nouvelle séquence qui ne peut pas être celle du renoncement»

Interrogé sur un possible effet démobilisateur de l’adoption définitive du texte par le Parlement, le cégétiste rétorque que «toutes (les lois) sont révisables en permanence». «Le mouvement social entre dans une nouvelle séquence qui ne peut pas être celle du renoncement», insiste-t-il, critiquant le fait que «certains poussent à des alternatives qui consistent soit, à se donner rendez-vous aux élections présidentielles, soit à prendre pour argent comptant le rendez-vous de 2013 fixé par le gouvernement pour remettre à plat le système de retraite». Allusion discrète à la CFDT, favorable à «une réforme systémique » des retraites.

Ce samedi, les Français sont appelés à descendre dans la rue contre la réforme des retraites, mais après le vote de la loi, les syndicats s’interrogent sur l’ampleur de cette mobilisation, certains, CFDT en tête, se préparant à tourner la page du conflit. Mais ce huitième rendez-vous dans les cortèges, le huitième en deux mois, ne devrait pas être le dernier. L’intersyndicale ayant prévu une nouvelle journée de mobilisation dans la semaine du 22 au 26 novembre, dont les modalités restent à définir.

(Source AFP)

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Retraites : la CGT prête à faire cavalier seul

LEMONDE.FR avec AFP, Reuters | 06.11.10 | 10h17

Bernard Thibault lors de la manifestation du 28 octobre à Paris.

Bernard Thibault lors de la manifestation du 28 octobre à Paris.AFP/BERTRAND LANGLOIS

Une nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites, la huitième depuis la rentrée, aura lieu, samedi 6 novembre. A ceux qui pensent que c’est un simple baroud d’honneur pour les syndicats, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a répondu qu’il s’agit, au contraire, d’un « nouveau temps fort » et d’une « nouvelle séquence qui ne peut pas être celle du renoncement ». « Il y en aura d’autres. Nous l’avons toujours dit : la CGT ira jusqu’au bout », a-t-il déclaré dans un entretien paru, samedi, dans l’Humanité.

La CGT est prête à poursuivre la mobilisation, y compris si l’unité syndicale se fissure, a résumé M. Thibault. « Certains poussent à des alternatives qui consistent soit, à se donner rendez-vous aux élections présidentielles, soit à prendre pour argent comptant le rendez-vous de 2013 fixé par le gouvernement pour remettre à plat le système de retraite ». « S’il s’avérait impossible de continuer la bataille sur les retraites avec un engagement unanime de tous les syndicats, la CGT continuerait le combat avec ceux qui le souhaitent », a-t-il assuré.

A l’issue d’une réunion, jeudi, l’intersyndicale CGT-CFDT-CFTC-CFE/CGC-UNSA-FSU-Solidaires n’a pas appelé à une nouvelle journée de manifestation après celle du samedi 6 novembre. Elle a acté le principe d’un « nouveau rendez-vous national de mobilisation dans la semaine du 22 au 26 novembre ». La date exacte doit être fixée lors d’une nouvelle intersyndicale le 8 novembre. Bernard Thibault était favorable à l’organisation « d’une autre journée de mobilisation interprofessionnelle dans le courant du mois de novembre » afin de maintenir la dynamique du mouvement de contestation, « une mobilisation tous azimuts qui sache coller au terrain, une protestation plus décentralisée, multiforme ». D’autant que le Conseil Constitutionnel, saisi par le PS, doit statuer sur la réforme d’ici le 2 décembre.

« NOUS AVONS LA POSSIBILITÉ DE CRÉER LE RAPPORT DE FORCES NÉCESSAIRE »

Mais certains syndicats, notamment la CFDT, commencent à s’interrogent sur la vigueur de cette mobilisation dans la durée. Le 28 octobre, lors de la précédente journée d’actions, en pleines vacances scolaires, la décrue avait été très sensible, avec près de 2 millions de manifestants selon la CGT – contre 3,5 millions le 19 octobre – et 560 000 selon la police (contre 1,2 million). La CFDT, par exemple, semble prête à tourner la page du conflit. Son patron, François Chérèque, a estimé, vendredi sur Canal +, qu’« on va maintenant s’éloigner petit à petit malheureusement du sujet des retraites »

Pour Bernard Thibault, « l’échéance principale est celle du 1er juillet 2011 à partir de laquelle les mesures que nous contestons entreront en application ». « D’ici là, nous avons largement la possibilité de créer le rapport de forces nécessaire pour obtenir l’ouverture de négociations », selon lui. Il estime que l’adoption du texte de loi n’aura pas automatiquement un effet démobilisateur car « toutes [les lois] sont révisables en permanence ». « Il y a aujourd’hui unanimité syndicale, non pas pour remettre en cause la légitimité institutionnelle des représentants du peuple, mais pour considérer qu’ils ne peuvent pas légiférer en ignorant ce que dit justement le peuple », explique-t-il.

« Le caractère injuste de la loi va s’appliquer rapidement. Je ne vois donc pas pourquoi il faudrait renoncer à tout faire pour empêcher son application. D’ailleurs beaucoup de salariés considèrent que ce n’est pas possible d’en rester là », conclut le patron de la CGT, regrettant au passage que « la plupart des médias ont tiré le rideau » sur la mobilisation. Car, à ses yeux, « le mouvement est profondément installé dans le pays ».

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Retraites : non, c’est pas fini

Les syndicats ont préservé leur unité jeudi soir, après une réunion laborieuse, avec un compromis sur « un nouveau rendez-vous de mobilisation » contre la réforme des retraites entre les 22 et 26 novembre, sans en préciser les modalités renvoyées à lundi, après les manifestations samedi.

Réaffirmant sa « détermination face à une réforme gouvernementale qui demeure injuste, inefficace », l’intersyndicale a appelé « en écho aux préoccupations des salariés » à « un nouveau rendez-vous national de mobilisation dans la semaine du 22 au 26 novembre dont les modalités et le contenu seront déterminés lors de la réunion du 8 novembre ».

Ce communique commun n’a pas été signé, comme à chaque fois par FO, toujours favorable à une grève nationale interprofessionnelle de 24 heures.

Pour la CGT, qui avait insisté mercredi sur une nouvelle journée de mobilisation nationale, « ce nouveau rendez-vous sera une journée d’action et de mobilisation » à l’instar des précédentes. « Tout cela sera clarifié lundi », a-t-elle assuré.

A l’issue de la réunion qui s’est tenue pendant plus de trois heures au siège de la CFE-CGC, elle s’est aussi montrée satisfaite de la décision de l’intersyndicale qui scelle une nouvelle fois « l’unité qui perdure » entre les syndicats, à l’unisson avec d’autres responsables syndicaux sur ce point.

En revanche, le numéro deux de la CFDT Marcel Grignard a prévenu: « Nous n’envisageons ni des mobilisations massives avec des grèves ni des manifestations partout ». « On ne va pas se mobiliser sur les retraites tous les jours jusqu’à je ne sais pas quand », a-t-il commenté.

Selon lui, les syndicats vont se retrouver lundi « parce que tout le monde a besoin de voir comment sera la mobilisation samedi », faisant état d' »incertitudes » sur son ampleur.

D’autres chefs de file de l’intersyndicale se sont aussi montrés réservés sur une nouvelle grande journée de grèves et de manifestations nationales après les défilés prévus samedi. « Il ne faut pas avoir des modalités d’action qui ne correspondraient pas à la situation », a estimé Jean Grosset (Unsa).

Pour la CFTC, Joseph Thouvenel a expliqué que son syndicat « va regarder avec beacoup d’attention la mobilisation de samedi, on verra si les Français veulent continuer le même type de mobilisation ou s’ils sont usés ».

Dans le camp des plus déterminés, la secrétaire générale de la FSU Bernadette Groison a assuré que « nous n’en aurons pas fini avec la question des retraites même si nous arrivons à la fin d’un processus ».

Pour Annick Coupé de Solidaires, « la réforme reste totalement impopulaire, le gouvernement isolé » et « il est extrêmement imprtant de réussir la journée du 6 pour montrer que la mobilisation perdure ».

Depuis la rentrée, sept journées de mobilisation contre la réforme phare de la seconde partie du quinquennat de Nicolas Sarkozy ont fait massivement descendre dans la rue les Français. La dernière, le 28 octobre, avait marqué un net reflux sur fond d’arrêt des grèves, notamment dans le secteur des raffineries.

Alors que le texte adopté par le Parlement attend, avant d’être promulgué, le verdict du Conseil constitutionnel, saisi par le PS, des salariés de divers secteurs ont bloqué jeudi les accès à plusieurs aéroports, dont ceux de Roissy, Toulouse, Clermont-Ferrand, Nantes.

Peu mobilisés jeudi pour la rentrée après la Toussaint, les lycéens sont appelés par leurs organisations comme par celles des étudiants à défiler samedi.

Au-delà des retraites, les syndicats comptent désormais « poursuivre leur « travail commun » sur l?emploi, les salaires, le pouvoir d?achat et les conditions de travail », une manière de préparer l’après conflit des retraites.

« On va s’éloigner petit à petit de ce sujet » (Chérèque, CFDT)
Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a affirmé vendredi qu’on allait « s’éloigner petit à petit » du sujet des retraites, doutant de la possibilité de faire plier Nicolas Sarkozy sur la réforme, déjà votée par le Parlement. « Si je dis aujourd’hui +on va faire reculer le président de la République+ (…) je crois que personne ne me croirait, on se dirait +celui-là, il rêve+ », a-t-il ajouté. Pour autant, « je ne dis pas que les retraites, c’est fini, je dis que le débat parlementaire est fini, mais le problème de la retraite est toujours dans le paysage social de notre pays », a expliqué François Chérèque, en estimant que « le problème n’est pas réglé ». « Aujourd’hui, ouvrons des espaces de négociations avec le patronat », a-t-il dit, après avoir proposé la semaine dernière des négociations sur l’emploi des jeunes.

 

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