Quand the Gardian applaudit les grévistes français Régis Soubrouillard – Marianne | Mercredi 27 Octobre 2010 à 05:01/ CONTRE INFO: RETOUR SUR LES ÉVÈNEMENTS DU 21 OCTOBRE 2010, PLACE BELLECOUR A LYON.

Quand the Gardian applaudit les grévistes français

Régis Soubrouillard – Marianne | Mercredi 27 Octobre 2010 à 05:01

«Les Français se battent pour l’avenir de l’Europe». L’encouragement est d’un américain. Economiste, chroniqueur régulier du New-York Times et du Guardian, Mark Weisbrot a pris la plume pour écrire dans le Guardian tout le bien qu’il pensait de la mobilisation contre la réforme des retraites.

Quand the Gardian applaudit les grévistes français

« Des manifestations qui ternissent l’image de la France à l’étranger » ou encore  « à l’heure de la mondialisation, il faut s’avoir s’adapter ». Les rengaines sont connues, elles occupent les journaux et pleuvent sur les plateaux télés, pseudo-lieux de débats, comme autant d’évidences indiscutables.

Quand l’élite a rendu son verdict, les paroles dissidentes sont ignorées (cf le référendum européen de 2005…). Même celles parues, c’est pour le moins inattendu, dans les journaux les plus lointains et les plus prestigieux. Ainsi de Mark Weisbrot, co-directeur du Center for Economic Policy Research, chroniqueur régulier du New-York Times et du Guardian.

La semaine dernière, dans le Guardian, l’économiste lançait un appel aux Français à ne pas céder : « Les manifestants français ont raison : il n’est pas nécessaire de repousser l’âge de départ à la retraite ». Il critique l’argument selon lequel « comme l’espérance de vie augmente, il faut absolument travailler plus longtemps. L’âge de départ à la retraite a été déplacé pour la dernière fois en 1983. Depuis, le PIB par habitant a augmenté de 45 %. L’augmentation de la durée de vie est très limitée en comparaison », estime Mark Weisbrot.
« L’augmentation du revenu national a été largement suffisante pour compenser les changements démographiques. Une nouvelle fois, la plupart des médias pense que les Français sont irréalistes et qu’ils devraient accepter ce programme comme les autres peuples. L’espérance de vie augmente. Nous devons donc travailler plus longtemps argumentent-ils. Ce point de vue est partiel. C’est un peu comme si l’on ne donnait que la moitié d’un résultat de baseball (ou de football, si vous préférez). Il est important de comprendre que la productivité et le PIB auront eux aussi augmenté en même temps et qu’il est donc en effet possible pour les Français de choisir de passer plus de temps à la retraite et de financer ce choix de société ».

Des Français en lutte pour l’avenir de l’Europe

Pour Mark Weisbrot, le refus d’augmenter l’âge de la retraite relève uniquement « d’un choix social » : « si les Français veulent conserver le même âge de départ, il y a beaucoup de manières de financer le coût des retraites. Une d’entre elles serait une taxe sur les transactions financières », écrit le chercheur.

Le chercheur qui moque la perspicacité du président de la République n’en finit pas de s’étonner d’avoir vu les « Français élire Nicolas Sarkozy en 2007. Cet homme avait fait campagne sur l’idée que la France avait besoin d’une plus grande « efficacité » économique. Son modèle était les Etats-Unis. En réalité, il n’aurait pu choisir pire moment pour se tromper. La bulle immobilière était déjà en train d’exploser aux Etats-Unis, causant bientôt non seulement une grande récession outre-Atlantique, mais entraînant également la plupart des économies mondiales dans une grave crise ».

Mark Weisbrot en profite pour vanter un système social qui permet de réduire les inégalités par rapport aux autres pays de l’OCDE et une gauche qui a encore les moyens d’organiser des protestations de masse, alors que « les autorités européennes et internationales accélèrent les régressions sociale dans les économies les plus faibles de la zone euro comme la Grèce».

A l’inverse des éditocrates et des professionnels du fast-thinking qui, en bons moutons, n’envisagent que l’alignement comme porte de sortie, Mark Weisbrot croît encore en une certaine « exception » française : «  Les Français sont en train de se battre pour l’avenir de l’Europe et donnent un bon exemple aux autres pays. Nous pouvons seulement espérer qu’ici, aux Etats-Unis, alors que des attaques contre les acquis se préparent, nous serons capables de repousser les coupes budgétaires prévues contre un système de sécurité sociale déjà mis à mal ».

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CONTRE INFO

Stratégie de la tension : Fusils à pompe face aux lycéens, place Bellecour, Lyon, 21 octobre

6 octobre 2010Le 21 octobre 2010, à Lyon, la place Bellecour s’est transformée en souricière. Tous ceux qui s’y trouvaient par hasard ou s’étaient donné rendez vous pour participer à la manifestation syndicale de l’après midi ont été retenus plusieurs heures par les forces de l’ordre qui bloquaient toutes les issues. Durant l’après midi, seules les personnes les plus âgées seront autorisées au compte goutte à franchir le dispositif, et les jeunes qui tenteront de sortir du piège seront refoulés à coup de gaz lacrymogène ou de canon à eau. Une petite escouade du GIPN, le Groupe d’Intervention de la Police Nationale, faisait partie du dispositif. Parmi ces hommes, deux étaient armés de fusils à pompe. — Non contents d’enfermer plusieurs heures les manifestants dans une place sans aucune issue, ce qui est contraire à toutes les règles du maintien de l’ordre, les autorités en charge ce jour là ont choisi d’engager le GIPN, dont la mission est de maitriser des forcenés ou des terroristes. Ces policiers n’ont aucune vocation à assurer des tâches de maintien de l’ordre, ni aucun savoir faire en la matière. Rien ne peut justifier le déploiement d’hommes équipés d’armes de guerre à proximité d’une manifestation et à fortiori lorsque les participants ont été délibérément encerclés. Rien, si ce n’est une volonté d’ « affichage », où la symbolique prend le pas sur l’exercice réel des missions de l’Etat, en une « stratégie de la tension » qui a pris le risque insensé de placer ces fonctionnaires en situation d’avoir à faire usage de leurs armes de dotation. Soyons justes. Il convient aussi d’évoquer l’hypothèse d’une incompétence crasse. Mais la chronique des évènements montre désormais à loisir que l’une n’exclut pas l’autre. Contre Info.

Contre Info, 26 octobre 2010

evue de Presse

L’Express : « On était comme des rats dans une cage »

« Je suis arrivé à Bellecour vers 12h30, pour rejoindre la manifestation prévue une heure plus tard. La police a commencé à fermer la place, mais je ne me rendais pas vraiment compte qu’on ne pouvait plus sortir. On était au moins 400 personnes coincées là au début, avec le double de CRS. » …

« la tension est montée. Les gens avaient peur. Une dame d’au moins quarante ans a fait un malaise, mais les CRS s’en foutaient. Je leur criais de venir l’aider, mais personne ne bougeait. Elle est resté comme ça au moins vingt minutes… »

Rue 89 : gardé à vue cinq heures en plein air près de la manif

Libé Lyon : Les lycéens « collés » quatre heures place Bellecour par les CRS

Place Bellecour, 21 octobre

Les hommes du GIPN sont visibles à 5:00
Bellecour, une prison à ciel ouvert
envoyé par RebellyonTV. – L’info video en direct.

Témoignages de Lyonnais

Je suis un étudiant en phi­lo­so­phie et je vis à Lyon. Aujourd’hui, jeudi 21 octo­bre, alors que je me diri­geais de l’hôtel de ville en direc­tion de ma faculté, j’ai du emprun­ter la place Bellecour ; à savoir le chemin logi­que et normal.

En arri­vant à l’entrée de la place Bellecour à 14H30, je vis de nom­breux CRS pré­sents tout autours de la place, néan­moins aucun réel bar­rage n’était en place et les forces de l’ordre ne m’ont abso­lu­ment rien dit en me voyant arri­ver et se sont même sépa­rées dou­ce­ment pour me lais­ser passer. Je m’engage donc tran­quille­ment sur la place. Cependant, à l’autre extré­mité, je fais face à une ordre de CRS en posi­tion de blo­cage. Je décide de faire demi-tours, cons­ta­tant que l’ensem­ble des sor­ties de la place sont blo­quées de la même façon. Arrivant par là où j’étais entré sur la place, je cons­tate qu’un bar­rage de CRS vient d’être mis en place. Ceux-ci me refu­sent le pas­sage sous pré­texte des ordres du préfet alors même que quel­ques minu­tes avant ils venaient de me faire péné­trer sur la place.

C’est alors que com­mence un déten­tion avec plu­sieurs cen­tai­nes de per­son­nes sur la place, sans aucune raison.

Pire encore, durant cette déten­tion, je décou­vre que cer­tai­nes per­son­nes sont enfer­mées depuis 13H15, donc les forces de police m’ont laissé ren­trer en sachant par­fai­te­ment qu’il s’agis­sait d’un piège.

mées depuis 13H15, donc les forces de police m’ont laissé ren­trer en sachant par­fai­te­ment qu’il s’agis­sait d’un piège.Pendant ma déten­tion, sachez que toutes les per­son­nes âgées, ou même non-jeunes pour être précis, ont pu partir sous pré­texte qu’elles « habi­taient la rue juste à côté ». Un véri­ta­ble fil­trage a opéré pen­dant cette période, afin que nous ne finis­sions qu’entre « jeunes », favo­ri­sant ainsi l’amal­game entre lycéens révol­tés et cas­seurs. Les forces de police ont été bru­ta­les, insul­tan­tes, face à des per­son­nes pro­fon­dé­ment calmes, cher­chant juste à com­pren­dre ce qu’il se pas­sait. C’est fina­le­ment après 5 heures que je pu sortir par le « Check-Point » mis en place à l’une des sor­ties. Là, sachez que je fus vic­time d’un contrôle d’iden­tité abusif, allant même jusqu’à pren­dre une pho­to­gra­phie de mon visage. Je sortis à 19H30, sans aucune autre expli­ca­tion. Enfin, durant les 5 heures d’enfer­me­ment, seule une ving­taine de per­son­nes ont osé se révolté, résul­tant d’une répres­sion aux gaz lacry­mo­gè­nes et tirs de jets d’eau à haute pres­sion. Qui, enfermé pen­dant 5 heures sans raison, insulté et dégradé par des forces de police, ne devien­drait pas fou ? L’état cher­che à engen­drer une haine chez les jeunes en les enfer­mant volon­tai­re­ment et en les pous­sant à bout. Ainsi, les diri­geants pour­rons, preu­ves à l’appui, dis­cré­di­ter au yeux de son peuple soumis et cré­dule l’enga­ge­ment des jeunes dans cette réforme.

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de Doisneaux (sur leur demande)… Nous avons fait un super défilé, très bonne ambiance… Profs, communaux, lycéens… tout se passait dans « la joie ».La manif s’est terminée vers 12H30 et toujours à la demande des lycéens, nous avons décidé de rejoindre la manif place bellecour, chose qui résulte déjà d’un certain parcours du combattant, vu que la presqu’ile n’est plus du tout desservie. Depuis les débuts de la mobilisation, les lycéens sont très très demandeurs d’adultes pour les encadrer, pour les rassurer….

Arrivée échelonné entre 13H20 et 14H… Nous nous retrouvons entre profs vaudais (syndiqués ou non). certains qui sont arrivés plus tôt nous expliquent que la place est fermée, que des personnes et surtout des jeunes sont prises au piège sur la place… Qu’ils ne peuvent pas en sortir et qu’on ne peut pas y entrer… Incompréhension.. sur le coup, je n’arrive pas à y croire.. Mais j’ai la gorge qui se serre et une boule qui grossit dans le ventre… (tot le matin, j’ai vu sur BFM l’important dispositif déployé : centaines de crs,gipn, camion anti émeutes…).. On ne voit pas nos lycéens vaudais… ou sont-ils ? on a peur qu’ils soient pris au piège….

Donc, une partie est coincée, séquestrée place bellecour et nous on est désemparé et impuissants place antonin poncet…. Les gamins place bellecour caillassent les crs, les bourreaux qui les séquestrent depuis plusieurs heures pour certains(avec les cailloux d’un tas de gravats qui est là, ÉTONNEMENT depuis le début de la semaine)..En même temps que peuvent-ils faire d’autre ??? RIEN !!! ce qui est plus fou, c’est que ceux qui ont jettés des cailloux, ont du etre mitraillé par l’appareil de l’hélicoptère… Et dans quelques jours ils passeront surement en jugement pour avoir caillassé ceux qui les ont retenu en otage !!

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Il est environ 17h, et nous apprenons que nous ne sortirons peut-être pas avant 21h. Les esprits commencent à paniquer. J’entends des collégiens qui essayent de faire comprendre à leur parents, au téléphone, qu’ils ne peuvent pas rentrer car ils sont retenus par des policiers. Il fait de plus en plus froid. Je retourne voir les policiers pour des explications. Un d’entre eux m’explique « qu’on a de la chance d’être en France car si on était en Espagne on se serait déjà fait fracassé la tête par la garde civile », et que « lorsqu’il y a des troubles de l’ordre public, la liberté de circuler librement peut être suspendue ». La place, à ce moment et depuis plus d’une heure, est parfaitement calme.

Lorsqu’un peu plus tard des jeunes commencent à se rassembler en protestant au centre de la place, ces policiers avec qui nous « discutions » pointent sur nous leurs armes (je ne sais pas si c’est des lancesfusées ou des flash-ball) et nous somment de reculer. Ce qu’on fait. Des lacrymo sont lancées sur toute la place : des fusées jetées dans le ciel et qui s’éparpillent, en retombant, sous forme incandescente. Les gens courent dans tous les sens. On essaie de rester sur le trottoir, le long des façades, pour se protéger le plus possible. Un jeune homme est à terre. Les autres reviennent pour le secourir, tandis que les policiers, à 10m les menacent toujours de leurs pistolets. J’entends qu’il est blessé, et des jeunes, mains en l’air, demandent aux policiers de ne pas charger. Finalement les flics font reculer tout le monde. Ils cherchent à relever ce jeune homme, qui se débat. Ils l’immobilisent à trois, au sol, puis le traînent par un bras sur 20m, jusqu’à leur camion, derrière lequel il disparaît.

Devant moi, une jeune fille, environ 15 ans, en pleurs, dans les bras d’une amie à elle. Elles vont voir les policiers, demandent à sortir, elles pleurent, disent ne plus en pouvoir, veulent rentrer chez elles. Le flic leur dit de dégager. Des détonations continuent de retentir, la fumée recouvre la Place. Il est dur d’ouvrir les yeux et de respirer. A 30 m à ma droite une jeune fille est étendue sur le sol. Des gens se regroupent autour pour l’aider. Je ne la vois pas réagir, je ne sais pas ce qu’elle a. Peut-être une crise d’asthme, peut-être un coup de flash-ball ? (au final je crois qu’aucun tir de flash-ball n’a été fait). Les gens crient pour qu’on appelle les pompiers. Finalement, au bout de peut-être 10 minutes des policiers repoussent tout le monde et l’entraine plus loin.

… Source : Rebellyon.info

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Illustration : reportage sur la journée du 21

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