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Lyon : gardé à vue cinq heures en plein air près de la manif

Par Yoyomannnn | Lycéen | 22/10/2010

Sur la place Bellecour à Lyon, le 21 octobre 2010 (Denis Balibouse/Reuters).

Après les violences et les pillages de mardi, la journée de jeudi à Lyon a été marquée par un encerclement policier de la place Bellecour, où s’étaient retrouvés dés le matin lycéens et, selon la préfecture, des casseurs. Les policiers ont laissé sortir pour la manifestation ceux qu’ils considéraient relever de la catégorie « lycéens ». Les autres se sont retrouvés bloqués pendant cinq heures. Arthur, lycéen en terminale, en faisait partie. Il témoigne.

Depuis une semaine il y a des rassemblements réguliers sur la place Bellecour pour organiser le mouvement lycéen et étudiant, sauf que, depuis les incidents de mardi, le dispositif policier s’est énormément développé :

  • un camion du GIPN,
  • le GIPN armé de fusils à pompe,
  • de nombreux CRS, gendarmes, et membres de la BAC [brigade anticriminalité, ndlr],
  • un hélicoptère,
  • deux camions avec canons à eau.

Nous avons commencé à nous rassembler place Bellecour en attente de la manifestation déclarée et légale qui devait partir à 14 heures de la place Antonin-Poncet, juste contre la place Bellecour.

L’ambiance était tendue puisque la police avait déjà effectué quelques tirs de grenades lacrymos et charges en nous braquant à cinq mètres avec leurs flashballs alors que nous étions les mains levées, devant eux, pour leur montrer que nous ne voulions pas d’un affrontement. (Voir la carte du quartier Bellecour, et l’agrandir)

Nous sommes partis vers la place Antonin-Poncet, par petits groupes parce que la police contrôlait les entrées et sorties de la place Bellecour. Sauf qu’arrivés devant un barrage de policier, nous nous sommes tout simplement fait jeter…

« Allez voir de l’autre coté, ils font sortir des gens »

Nous avons essayé de comprendre ce que la police voulait : un contrôle des papiers ? Des fouilles ? Nous avons entendu qu’ils voulaient « arrêter les casseurs ». Nous nous sommes installés devant les policiers et nous avons chanté avec la manifestation qui était à dix mètres, derrière plusieurs rangées de CRS.

Vers 14h50, l’hélicoptère est revenu et c’est aussi à peu près à ce moment-là qu’ils nous ont fait reculer vers l’intérieur de la place, à coups de matraques et lacrymos… Nous avons continué de montrer que nous ne voulions pas d’affrontements tandis que certains ont essayé de répliquer avec quelques lancers de pierres.

Ensuite, il ne s’est plus rien passé pendant plusieurs heures, chacun essayant de trouver une sortie en passant par des immeubles -tous bloqués de l’autre coté- ou allant voir les policiers pour essayer d’avoir des informations.

De petits groupes ont pu sortir on ne sait pas trop comment mais la plupart du temps les policiers nous envoyaient de l’autre coté de la place en nous disant « allez voir de l’autre coté, ils font sortir des gens », peut être pour nous fatiguer puisque qu’il n’y avait pas de sortie là où ils nous envoyaient…

Informations contradictoires toute l’après-midi

On a entendu différentes choses : ils nous libéreraient quand la manifestation de la place Antonin-Poncet partirait, ou alors nous avons entendu qu’ils avaient un arrêté préfectoral leur permettant de nous garder jusqu’à 21h30.

Vers 17 heures, les gens en ont eu marre d’attendre et nous avons tenté de forcer un barrage sur une des rues, nous avons été reçus à coups de lacrymos et de jets d’eau. Après une demi-heure de tentatives vaines, le calme est revenu sur la place.

Ensuite, une grosse partie de gens coincés ont commencé à se rassembler vers la place du coté Saint-Jean où apparemment ils nous faisaient sortir un par un sur présentation d’une pièce d’identité et avec un fichage (illégal) en prime…

Une amie à moi n’ayant pas ses papiers sur elle, nous avons tenté une fois de plus un tour de la place pour trouver une autre sortie mais finalement un policier nous a dit :

« Ne vous inquiétez pas si vous n’avez pas vos papiers, donnez votre nom et votre adresse et vous pourrez sortir. »

Des crises d’angoisse

Mais un peu plus tard nous avons reçu plusieurs messages de l’extérieur (500 personnes étaient encore présentes pour nous attendre) nous disant que les personnes n’ayant pas leurs papiers étaient emmenées dans un car de la police… Finalement, mon amie a fait venir son père qui a pu la sortir de la place -ainsi qu’une autre personne qui n’avait pas non plus ses papiers.

En ce qui me concerne, je suis passé au fichage puisque j’avais ma carte d’identité, ça a duré cinq minutes et je suis sorti, il était 19h15. Je ne sais pas ce qu’ils ont fait des gens qui n’avaient pas leurs papiers.

Nous n’avions pas d’eau, ni nourriture, ni WC. Des gens ont fait des crises d’angoisses sans que les policiers n’interviennent, et ceux qu’on nous présente comme des casseurs parce qu’ils avaient jeté des pierres étaient simplement des gens à bout qui voulaient sortir d’une garde à vue en plein air !

Ce jour-là, la police nous a empêchés de manifester et elle a tenté de déclencher un conflit pour discréditer le mouvement lycéen.

Pour avoir une idée de l’ambiance cet après-midi là place Bellecour, écoutez le reportage « Stuck in the middle with you » sur le blog de Jean-Baptiste Fribourg pour Arteradio.

Mis à jour le 22/10 à 16h51, ajout du reportage sonore.

Photo : sur la place Bellecour à Lyon, le 21 octobre 2010 (Denis Balibouse/Reuters).

————————————-

 

REFORME DES RETRAITES

L’accès à la raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne), réquisitionnée par le préfet, a été dégagé peu avant 9 heures par des gendarmes mobiles. Un des grévistes réquisitionnés aurait été blessé, a constaté un journaliste du Parisien présent sur place : bousculé dans la cohue, il a été piétiné involontairement par les gendarmes et ses camarades.

Selon les syndicats, l’intervention a fait deux autres blessés légers, qui ont reçu des coups de pieds.Agissant à mains nues et sans casque, les forces de l’ordre ont poussé les manifestants pour dégager le portail. Le ministère de l’Intérieur a affirmé que cette intervention s’était déroulée «dans le calme» et sans incident. «Ce n’est pas la raffinerie qui est réquisitionnée, c’est le stock de dépôt», a précisé le ministre de l’Energie Jean-Louis Borloo sur RMC. L’intersyndicale a introduit vendredi après midi un référé en annulation de cette réquisition devant le tribunal administratif de Melun (Seine-et-Marne). Il devait être étudié avant ce soir.

Un cordon citoyen pour soutenir les grévistes

L’ambiance était tendue depuis 3h10 environ, où la raffinerie, bloquée par les grévistes depuis plusieurs jours a été réquisitionnée par la préfecture. Les gendarmes se sont postés aux accès pour filtrer les entrées. Un «cordon citoyen» d’environ 90 personnes, habitants du quartier ou militants d’autres corporations, s’était alors formé pour tenter d’empêcher les grévistes réquisitionnés de pénétrer dans la raffinerie.

Cette réquisition intervient à la veille des vacances de Toussaint, et au premier jour des départs en vacances, alors qu’encore un quart des stations services en France est en panne sèche. Le Premier ministre François Fillon tiendra une nouvelle réunion de crise sur la distribution des carburants ce matin à 11 heures, avec les principaux acteurs de la production et de la distribution.

Un piquet de grève d’une cinquantaine de personnes

Avant l’arrivée des gendarmes mobiles, les grévistes avaient décidé d’alléger le piquet de grève, qui comptait dan,s la nuit «une quinzaine de personnes». Vers 5 heures, l’effectif se chiffrait à «une cinquantaine de salariés», selon Franck Manchon, délégué syndical CGT, qui annoncait l’arrivée d’autres grévistes en renfort. Ceux-ci envisageaient vendredi matin de «faire opposition de façon juridique» aux réquisitons, a-t-il prévenu, mais comptaient «utiliser tous les moyens en (leur) possession pour continuer à faire valoir (leur) droit de grève».

Selon Franck Manchon, le préfet de Seine-et-Marne, Jean-Michel Drevet, accompagné de ses collaborateurs, «est venu lui-même donner les réquisitions au personnel dans le but d’alimenter les stations service et tous les clients de Total, tout ça sous prétexte d’un code Défense». «Nous ne sommes pas en guerre, martèle le délégué syndical, nous ne sommes pas en état de siège, le code défense ne s’applique pas dans ce cas-là».

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