Déclaration d’actualité UD Cgt Isère 21.07.2010 sur les évènements à la Villeneuve Grenoble Isère

Union Départementale CGT Isère

Le 30 juillet 2010, le chef de l’Etat viendra dans notre département pour mettre en place le nouveau préfet de l’Isère, conséquence directe des événements que nous connaissons depuis quelques jours sur Grenoble. Encore une fois, Nicolas Sarkozy décide de répondre à la situation par une mesure d’urgence sans concertation et à la hussarde.

La situation n’est pas nouvelle et nous ramène aux évènements de 2005 (émeutes des banlieues) qui ont été traités par des mesures répressives et stigmatisantes, sans apporter de réponses sociales et structurantes pour les populations.

La Cgt condamne toute forme de violence d’où qu’elle vienne et se refuse à tout amalgame. Nous alertons les pouvoirs publics sur le sentiment d’impuissance et de désespoir qui envahit les habitants du quartier.

La Cgt exprime toute sa solidarité aux familles qui vivent actuellement dans un climat de peur renforcé par l’arsenal répressif déployé : survols nocturnes d’hélicoptère, omniprésence policière du RAID et du GIPN….

Pour l’Union Départementale CGT Isère, les événements graves vécus par les habitants de la Villeneuve ne se réduisent ni à une crise des quartiers populaires, ni à une crise de la jeunesse, ni à la crise de l’immigration, mais à une crise sociale profonde qui touche et mécontente une grande partie de la société.

Nous combattons tout ce qui divise la population et mettons en garde contre les tentatives de récupération par l’extrême droite qui se développent sur fond de crise :

– les écarts se creusent entre les plus riches et les plus pauvres (30%, c’est le taux chômage moyen dans le quartier de la Villeneuve).

– plus de 50% des jeunes du quartier sont sans emploi, sans perspectives, alors que la France compte 580 000 nouveaux déclarants de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune et que le bouclier fiscal est toujours de mise.

Cette situation est dûe aux politiques gouvernementales de restrictions budgétaires, de casse de l’emploi industriel, de régression de politiques publiques. De plus, la volonté du gouvernement d’imposer, entre autres, le recul de l’âge de départ à la retraite va aggraver la situation.

La journée de grève et de manifestations unitaires du 7 Septembre prochain n’en devient que plus incontournable à Grenoble.

Pour la CGT, les réponses sociales et républicaines se trouvent notamment dans la création d’emplois stables, de garanties sociales de haut niveau, de développement des services publics et dans la lutte sans merci contre toutes les discriminations.

Le combat contre les inégalités passera aussi par la confiance pour tous dans les valeurs de la République mises à mal par le chef de l’Etat qui les restreint au « tout sécuritaire ».

Grenoble le 22 juillet 2010

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Declaration Cgt Isere Villeneuve 22 07 10



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4 commentaires

  1. Villeneuve à Grenoble : le témoignage d’un habitant

    http://www.lepost.fr/article/2010/07/23/2161523_villeneuve-a-grenoble-le-temoignage-d-un-habitant.html#xtor=RSS-33

    par Jo Briant, militant associatif et habitant du quartier La Villeneuve. Un texte qui allie le « pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté ». A lire avant la venue de Sarkozy à Grenoble, annoncé pour le 30 juillet.

    Dimanche 18 juillet- 23H15- Villeneuve : 3ème nuit d’état de siège après la mort de Karim, jeune du quartier de l’Arlequin de la Villeneuve, tué par balle suite à un tir en pleine tête d’un policier, alors qu’il revenait d’une opération de braquage au Casino d’Uriage. Bruit assourdissant d’hélicoptères qui survolent et illuminent le quartier, omniprésence policière avec plusieurs unités de forces mobiles du Raid et du GIPN (ils seraient au moins 300 !). Venant du centre ville j’ai eu droit comme tous les habitants rentrant chez eux en voiture à un barrage et à une fouille systématique de mon véhicule. Place du marché je croise une famille dont les enfants crient apeurés…

    Deux jours durant j’ai sillonné le quartier pour constater les dégâts – voitures calcinées, abris bus caillassés..- mais surtout pour rencontrer et écouter les habitants. Réactions certes contrastées qui vont d’une condamnation sans nuances d’une « minorité de jeunes » qui « foutent la merde » et « empoisonnent la vie » du quartier, en brûlant notamment les voitures de leurs voisins de coursive qui en ont tant besoin, à une condamnation tout aussi catégorique de la police qui « a tué sciemment, par racisme, le jeune Karim », en passant par ceux/celles qui mettent tout sur le dos d’une éducation parentale défaillante… Mais tous sont envahis par un sentiment d’écrasement, d’impuissance et de désespoir face à des événements qui vont enfoncer encore davantage le quartier dans la stigmatisation et la souffrance sociale…

    Au-delà des faits, ce que je veux dire, ce que je veux crier, avec d’autres habitants, au-delà de ma colère :

    1- L’approche et le traitement exclusivement sécuritaires de ce type de « fait divers sont aberrants, surtout avec tout ce déploiement et cet arsenal « anti-terroriste » et guerrier. Depuis plus dix ans la police dite de proximité n’existe plus à la Villeneuve, les policiers n’ont plus aucun contact avec la population, sa seule apparition, sa seule visibilité étant réduite à ces irruptions aussi brutales, massives, spectaculaires qu’aberrantes qui ne peuvent provoquer que haine et volonté d’en découdre. Un type d’approche et de « traitement anti-criminalité » qui ne peuvent que dégrader toujours plus l’image et la perception de ce quartier.

    2- Les causes ? Il est tentant, et si facile, de désigner une « minorité de jeunes » qui seraient à la base de l’économie parallèle, du trafic de drogue et des incendies réguliers de voiture. Explication réductrice et paresseuse qui évite de se poser les vraies questions : comment expliquer que le quartier de la Villeneuve, dont la création remonte aux années 72 sur la base d’une utopie collective qui a effectivement été essayée et réalisée partiellement jusqu’aux années 90, se soit à ce point« ghettoïsé », appauvri, dégradé à ce point ? Pourquoi cette concentration progressive d’une population de plus en plus précarisée, en grande majorité d’origine immigrée, en état de grande souffrance économique et sociale, notamment les jeunes dont au moins 50% sont sans emploi et sans aucune perspective ? Avec la fuite parallèle d’une proportion significative de la classe moyenne intellectuelle, dont je fais partie, dont beaucoup d’éléments n’ont pu supporter cette dégradation ?

    Les causes sont certes nombreuses, mais pour l’essentiel il faut citer le projet architectural de départ qui, malgré nombre d’équipements socio-culturels d’accompagnement, créait bel et bien les conditions d’un ghetto, la politique urbaine de la Ville de Grenoble qui a privilégié la création en région grenobloise de secteurs d’emploi à « valeur fortement ajoutée » faisant appel à des ingénieurs, cadres supérieurs…ce qui a eu pour conséquence une augmentation notable du prix du m2 et des loyers au centre ville et de raréfier les logements sociaux accessibles aux classes populaires. Avec l’absence d’une politique volontariste de maîtrise du montant des loyers. Il faut ajouter une cause structurelle plus déterminante : la panne de l’ascenseur social, la montée massive du chômage, la précarisation croissante des jeunes, l’accentuation de la ségrégation urbaine, autant d’effets directs du capitalisme néo-libéral, avec des effets particulièrement dévastateurs dans des quartiers populaires comme celui de la Villeneuve.

    3- La solution, même si elle peut être intéressante, ne saurait se réduire, comme le réclame Michel Destot, maire de Grenoble, à un « Grenelle de la Sécurité ». Oui, certes, à un rétablissement de la police de proximité, oui à une rupture avec ces opérations spectaculaires et terrorisantes qui ne font gu’aggraver le mal… Mais l’essentiel n’est pas là. C’est bien à toute une politique économique, sociale, urbaine secrétée par un système capitaliste et un libéralisme destructeurs et profondément inégalitaires, qu’il faut s’attaquer. Ainsi qu’à des logiques sociales et urbaines discriminatoires et, disons-le, racistes. Si un tel fait divers, aussi tragique soit-il ; s’était produit dans un quartier du centre ville, ou à Meylan, ou encore à Seyssinet, aurait-on envoyé tous ces « Robocop », ces centaines de policiers sur-armés, avec hélicoptères, aurait-on procédé à un encerclement systématique de ces quartiers, à des barrages, à des fouilles systématiques des véhicules et des personnes ? On ne pourra pas empêcher les habitants de la Villeneuve de penser que des dispositifs aussi guerriers et terriblement traumatisants, humiliants sont précisément arrêtés pace qu’il s’agit d’un quartier à forte composition immigrée. Je le dis avec colère et conviction : ce type de « traitement » est l’illustration bien réelle d’un rejet, d’une stigmatisation, d’une discrimination qui ne disent pas leur nom. La population de la Villeneuve, notamment les jeunes, comme celle des quartiers populaires, comme celle de Villiers le Bel ou de Saint Denis en région parisienne, sont bel et bien victimes d’une triple discrimination, sociale, économique et raciste. Tant qu’on ne s’attaquera pas à ces racines d’une exclusion terrifiante et dévastatrice, on ne fera au mieux que différer des explosions de plus en plus inévitables.

    4- J’ajoute, pour ne pas terminer sur une note exclusivement négative, que nous sommes un certain nombre de militants qui vivons sur ce quartier, qui apprécions fortement cette richesse sociale et multiculturelle, même si elle est nettement moindre qu’il y a vingt ans, déterminés à y rester, à maintenir à tout prix le contact avec une population en état de très grande souffrance psychologique et sociale, à créer les conditions d’un mieux vivre ensemble, sans oublier les causes socio-économiques et politiques. Un défi qui peut paraître insensé voire suicidaire mais auquel il est hors de question de renoncer.

    Jo Briant

  2. Violences graves dans le Loir-et-Cher : le MRAP condamne avec vigueur les amalgames présidentiels

    iolences graves dans le Loir-et-Cher : le MRAP condamne avec vigueur les amalgames présidentiels et exige qu’il soit mis fin aux situations discriminatoires que subissent tant les Gens du Voyage que les Rroms

    Le 16 juillet dernier dans la soirée, Luigi Duquenet, 22 ans, était tué par balle par un gendarme, lors d’un contrôle routier et au terme d’une course poursuite. La cause immédiate de l’intervention de la gendarmerie semblait hors de proportion puisqu’il s’agissait, selon la presse, d’un éventuel « vol » de 20 euros.

    Cette mort violente avait révolté et mis en émoi toute la famille du jeune homme ainsi que d’amples secteurs de la communauté des Gens du Voyage du Loir-et-Cher et des départements voisins, de nationalité française et installés de longue date dans la région. Les violences ainsi déchaînées avaient abouti dans la ville de Saint-Aignan, proche des lieux du drame, à une manifestation de révolte violente de la part d’une « quarantaine » de membres de la communauté, prenant pour cibles, notamment, le bâtiment de la gendarmerie, une boulangerie et les tilleuls de la place, sans par ailleurs provoquer de victimes.

    C’est à la suite de ces événements qu’en ouverture du Conseil des ministres du mercredi 21 juillet, le Président de la République a annoncé l’organisation d’une réunion spécifique sur les « problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms », allant jusqu’à préciser « Je tiendrai une réunion à ce sujet le 28 juillet. Cette réunion fera le point de la situation de tous les départements et décidera les expulsions de tous les campements en situation irrégulière ».

    Si les actes commis par quelques dizaines de casseurs à Saint-Aignan sont condamnables, ses auteurs doivent être recherchés et sanctionnés mais c’est là le rôle de la seule Justice.

    Le Président de la République, qui devrait être un garant de sérénité, a choisi au contraire de jeter de l’huile sur le feu par des déclarations fracassantes qui pratiquent un amalgame voulu (qui ne saurait être le fruit de l’inculture présidentielle) entre « Gens du voyage » – citoyens français de longue date – et Roms migrants non Voyageurs d’Europe de l’Est, (quelque quinze mille pour toute la France, pour la plupart « citoyens Européens ») venus se réfugier en France pour tenter d’échapper à la peur, au racisme, à la misère et aux inégalités abyssales qui sont leur lot dans leurs pays de nationalité.

    L’effet le plus certain de cet amalgame présidentiel désastreux est de réveiller dans une partie de la population française, au nom de peurs ancestrales et irrationnelles, une recrudescence du racisme et de la xénophobie qui acculent déjà les familles aux expédients, à la mendicité et à vivre dans des bidonvilles.

    Le MRAP :

    – condamne avec vigueur l’intolérable amalgame des propos présidentiels à propos des Rroms migrants qui visent à légitimer, aux yeux de l’opinion publique, les évictions brutales des Rroms des lieux où ils tentent de s’installer, en vue de les « expulser » et de servir ainsi les objectifs chiffrés du gouvernement ;

    – exige que des dispositions de simple humanité soient prises pour aider à l’insertion des populations rroms migrantes, comme il l’a déjà demandé à plusieurs reprises;

    – demande que soit pleinement respectée dans le drame de Saint-Aignan la possibilité pour la Justice d’accomplir sereinement ses missions, tant en ce qui concerne l’ordre public (dégâts causés par les casseurs) qu’en ce qui concerne l’enquête sur la mort du jeune Luigi ;

    – exige qu’aucune mesure d’expulsion de Gens du Voyage des terrains qu’ils occupent ne soit mise en œuvre tant que de très nombreux maires continueront à s’opposer à mettre en place les aires d’accueil des gens du voyage que la Loi impose à toutes les communes de plus de cinq mille habitants.

    Paris, le 22 Juillet 2010


    Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples
    43 bd Magenta – 75010 Paris – Tél. : 01 53 38 99 99
    Site web : http://www.mrap.fr
    Aider le MRAP : http://secure.mrap.fr
    Recevoir nos communiqués :
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    Twitter : http://twitter.com/MRAP_Officiel

  3. VOS REACTIONS
    Grenoble : encore faut-il savoir de quels jeunes on parle !
    Par vronik38 | Educatrice au chômage | 21/07/2010 | 13H0

    http://www.rue89.com/2010/07/21/grenoble-encore-faut-il-savoir-de-quels-jeunes-on-parle-159451

    J’habite La Villeneuve [le quartier de Grenoble qui a connu des violences le week-end du 17 juillet, ndlr] depuis plus de vingt ans. Je ne vais pas me lancer dans un débat sur les problèmes de fond, juste revenir sur ce qui s’est passé vendredi dernier.

    Car j’ai passé une bonne partie de la nuit de lundi à mardi (de 23 heures à 2 heures du matin) à aller à la rencontre des rares habitants et jeunes qui se trouvaient en bas des coursives.
    Des jeunes à l’air abattu

    J’ai notamment longuement échangé avec un groupe de jeunes d’une vingtaine d’années, qui n’avaient pas l’air de voyous surexcités. Je les ai trouvés abattus.

    Ce qu’ils semblent dénoncer, ce sont d’abord les conditions dans lesquelles serait mort Karim Boudida : pour eux, la thèse de la légitime défense ne tient pas, le jeune homme était à terre à côté du véhicule ayant servi au braquage, une balle dans le pied, incapable de fuir, tandis que son complice s’était enfui. Aucune sommation n’aurait été faite avant le deuxième coup de feu, mortel celui-ci.

    Ensuite, ils dénoncent l’attitude des policiers de la BAC, seuls présents sur les lieux à ce moment-là, à l’encontre des jeunes accourus sur le lieu du drame, les tenant en respect avec leur arme, les abreuvant de propos racistes et xénophobes et les menaçant de subir le même sort.

    Ces propos auraient aussi été entendus depuis les fenêtres de l’immeuble par des habitants d’une cinquantaine d’années, donc n’ayant rien à voir avec ces jeunes.

    Il semblerait que la BAC ait refusé l’accès au Samu. Le corps aurait été laissé au sol plusieurs heures sans même qu’on n’ait pris la peine de le recouvrir d’un drap ou d’une couverture.

    C’est cette attitude irrespectueuse de la BAC que dénonçaient surtout les jeunes avec qui j’ai parlé.
    Je connais un peu les méthodes de la BAC sur le quartier pour les avoir vus de mes propres yeux circuler en voiture il y a quelques années, époque où les contrôles d’identité étaient incessants, vitres ouvertes, insultant les jeunes et leur faisant un doigt d’honneur.
    Quelle réponse à des provocations ?

    Est-ce ainsi que l’on doit se comporter en réponse aux provocations de jeunes voyous ?

    Je précise que je condamne fermement l’attitude de ces jeunes, rien ne justifiait un tel déferlement de violence, rien ne doit l’excuser. Les auteurs de ces exactions doivent être fermement condamnés. Je ne prends pas non plus pour argent comptant tout ce qu’ils m’ont dit, n’ayant pas assisté au drame.

    J’utilise le conditionnel pour retranscrire leurs propos.

    Je voudrais seulement que l’enquête nous dise ce qui s’est réellement passé ce jour-là. Y a-il eu, oui ou non, légitime défense ? Le Samu a-t-il été empêché d’intervenir ? Est-il possible de faire témoigner les personnes qui disent avoir assisté à des exactions de la part des policiers de la BAC ?

    Je comprends que ces derniers fassent un travail difficile et dangereux, qu’ils puissent être excédés par les provocations des jeunes et les tirs à balles réelles qu’ils essuient. Seulement, ce sont tous des volontaires, ils sont formés et payés pour ce type d’interventions.

    Ils sont là pour garantir la sécurité publique et pas pour attiser la haine.

    Je déplore comme beaucoup la disparition de la police de proximité sur le quartier. Sa présence avait au moins le mérite d’instaurer un semblant de dialogue, chacun se connaissant et … se reconnaissant.
    Les jeunes veulent bien dialoguer avec les médias

    Aujourd’hui, la rupture entre les jeunes et la police est installée durablement, hélas.

    Les jeunes avec qui j’ai discuté déplorent l’attitude de certains médias, venus juste pour faire du « sensationnel » mais se disent prêts à dialoguer avec des journalistes vraiment désireux de les écouter et de faire un sérieux travail d’investigation. Il faut cesser d’avoir peur d’eux aussi.

    Enfin, je dénonce la façon dont nous, habitants, avons été traités avec la présence d’un hélico extrêmement bruyant projetant son énorme projecteur sur les vitres de nos appartements, empêchant tout le monde de dormir pendant plusieurs jours d’affilée.

    La Villeneuve souffrait d’une très mauvaise réputation, aujourd’hui c’est pire. Nous ne supportons plus d’être assimilés à des criminels -surtout les jeunes dont la grande majorité est tranquille-, que l’image de ce quartier soit caricaturée à ce point par les médias.. Seuls une infime poignée d’individus déstructurés empoisonnent notre quotidien.

  4. Tribune
    Les Roms, boucs émissaires de l’incantation sécuritaire
    Par Laurent Mucchielli | Sociologue, directeur de recherches… | 22/07/2010 | 16H07

    http://www.rue89.com/2010/07/22/lincantation-securitaire-cible-les-gens-du-voyages-159584

    Tribune
    L’incantation sécuritaire cible les « gens du voyages »
    Par Laurent Mucchielli | Sociologue, directeur de recherches..

    C’est la guerre ! « Nous serons intraitables », « Il n’y aura plus d’excuses », « Nous allons éradiquer », « J’ai donné l’ordre de… », « Une nouvelle loi sera votée bientôt », etc.

    Depuis 2002, c’est le même discours qui est martelé. Il est bien plus ancien, il a même quelque chose d’éternel. Ceci ne surprend pas si l’on a compris que ce n’est précisément qu’un discours, qui a pour but de légitimer celui qui le prononce (a fortiori quand il est en grandes difficultés) et non de changer quoi que ce soit à la réalité.

    La réalité n’est qu’un prétexte. Et comme dans cette réalité, les problèmes continuent de se dégrader dans certains territoires, les prétextes arrivent régulièrement. Les faits divers criminels en tous genres, les violences des « bandes de jeunes » et les émeutes des quartiers pauvres en fournissent la plupart. Les malades mentaux reviennent aussi régulièrement sur le tapis.

    La seule relative nouveauté du discours de Nicolas Sarkozy est d’avoir ressorti d’un vieux placard le « problème des gens du voyage et des Roms », à l’occasion d’une autre mini-émeute.
    Le Conseil d’Etat juge la france discriminatoire

    Le comble est que cette instrumentalisation intervient alors que la France vient d’être condamnée par le Conseil de l’Europe. Dans une résolution du 30 juin 2010, le Conseil relève notamment les problèmes suivants :

    * Création d’un nombre insuffisant d’aires d’accueil ;
    * Mauvaises conditions de vie et des dysfonctionnements des aires d’accueil ;
    * Accès insuffisant au logement des gens du voyage sédentarisés ;
    * Procédures d’expulsion qui peuvent être mise en œuvre la nuit ou en hiver et comporter des violences injustifiées ;
    * Discriminations liées à la loi du 3 janvier 1969 notamment concernant le droit de vote ;
    * Manque de moyens mis en œuvre pour lutter contre l’exclusion sociale ;
    * Difficultés d’accès au logement des Roms migrants en situation régulière.

    Mais nous divaguons ! Il ne faut pas réfléchir, chercher les causes, diagnostiquer les contextes, s’informer d’abord auprès des acteurs locaux, nous risquerions de « donner des excuses aux délinquants » et de remettre en cause la croyance selon laquelle l’Etat et son premier représentant vont régler, une fois pour toutes, tous nos problèmes.

    Illustration : un dessin de Baudry
    A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

    * ► A Massy, en deux jours, 240 Roms rapatriés en Roumanie
    * ► Comment je suis devenu porte-parole des Roms de ma ville

    Ailleurs sur le Web

    * ► Le blog de Laurent Mucchielli


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