Plutôt Hitler que le Front populaire !

Plutôt Hitler que le Front populaire !
Le jeudi 17 juin 2010

Un entretien avec Annie Lacroix-Riz, auteur de « Le choix de la défaite, les élites françaises dans les années 1930 »
Souvenez-vous de « La résistible ascension d’Arturo Ui » écrite en 1941… Des décennies plus tard, l’historienne Annie Lacroix-Riz s’est intéressée aux élites françaises pendant cette période

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A l’heure où tous les médias et les classes dominantes font la part belle à la commémoration de l’appel du 18 juin 1940 du général De Gaule, il convient de revenir 70 ans en arrière pour comprendre, la « défaite » de mai-juin 1940 face aux forces fascistes du IIIème Reich et la remise des clefs de la France par le maréchal Pétain aux nazis!

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Dans un livre intitulé « L‘Étrange défaite. Témoignage écrit en 1940″ et édité en 1946, Marc Bloch, historien français (1886-1944) :

Le grand historien Marc Bloch écrivait en avril 1944 : « Le jour viendra […] et peut-être bientôt où il sera possible de faire la lumière sur les intrigues menées chez nous de 1933 à 1939 en faveur de l’Axe Rome-Berlin pour lui livrer la domination de l’Europe en détruisant de nos propres mains tout l’édifice de nos alliances et de nos amitiés. »

Stanley Hoffmann dans la préface du livre « Marc Bloch L’Étrange Défaite, Paris, éd. Gallimard Folio Histoire, 1990, 326 p«  nous dit:

« Cinquante ans après la catastrophe de 1940, cinquante ans après la rédaction de ce que son auteur a appelé, modestement, ce  » procès-verbal de l’an  40 « , le  » témoignage  » du grand historien, résistant mort pour la France, reste l’analyse la plus pénétrante et la plus juste des causes de la défaite… Tout le savoir accumulé n’a fait que confirmer la profondeur et l’exactitude du jugement que, tout de suite après l’effondrement, cet ancien combattant des deux guerres mondiales avait porté sur le drame national. »
(p. 11)

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Un ouvrage indispensable pour comprendre cette période:

Le choix de la défaite Les élites françaises dans les années 1930 (2e édition revue et augmentée) de Annie Lacroix-Riz.

Sommaire du livre:

« Quelles sont les causes de la Défaite de 1940 ? Le grand historien Marc Bloch écrivait en avril 1944 : « Le jour viendra […] et peut-être bientôt où il sera possible de faire la lumière sur les intrigues menées chez nous de 1933 à 1939 en faveur de l’Axe Rome-Berlin pour lui livrer la domination de l’Europe en détruisant de nos propres mains tout l’édifice de nos alliances et de nos amitiés. »
Annie Lacroix-Riz analyse l’histoire des années 1930 pour éclairer les causes de la défaite de 1940.

Selon elle, les Français n’ont pas été simplement vaincus en cinq jours par une Wehrmacht invincible ; le haut patronat les a sacrifiés à son plan de « réforme de l’État » copié sur les voisins fascistes et à son obsession d’accord avec le Reich. Cette affirmation incroyable paraît moins audacieuse à la lecture des archives, françaises et étrangères, relatives à une décennie d’actions des élites : militaires ; politiciens ; journalistes ; hommes d’affaires surtout, qui régnaient sur tous les autres, avec à leur tête la Banque de France et le Comité des Forges.
L’autonomie des politiciens ou des journalistes relève ainsi du mythe, celle des militaires aussi. C’est bien la France des grands intérêts économiques et financiers qui dicta le choix de l’Allemagne comme partenaire privilégié dès les années 1920 et sabota l’alliance russe de revers qui avait évité la défaite en 1914. Aujourd’hui, l’accès aux archives éclaire les causes intérieures et extérieures de la Défaite et permet « l’instruction du procès de la vaste entreprise de trahison » que réclamait Marc Bloch.

La présente édition de l’ouvrage a été systématiquement revue et complétée à la lumière des nombreux fonds d’archives, ouvrages et articles consultés depuis 2006.

, ancienne élève de l’École normale supérieure, agrégée d’histoire, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Paris 7, a notamment publié : Le Vatican, l’Europe et le Reich, 1996, Industriels et banquiers sous l’Occupation et De Munich à Vichy, 1999. »

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Voir l’article: d’Alternatives Economiques:

Le choix de la défaite. Les élites françaises dans les années 1930 par Annie Lacroix-Riz

On connaît le célèbre article de l’historien Marc Bloch paru peu avant son assassinat le 16 juin 1944, concernant le rôle de certaines élites françaises dans la défaite de 1939, tout particulièrement dans les milieux de la finance et des hauts fonctionnaires en charge de l’économie. Mais seule l’ouverture des fonds d’archives, enfin possible depuis 1999, aura permis à cette historienne, professeur à Paris VII, de démonter un à un l’écheveau des réseaux qui « ont préféré le nazisme au communisme ».

On ressort assez pantois de ces quelque 600 pages de texte, fourmillant de détails peu connus sur le fonctionnement des élites économiques françaises pendant toutes ces années. Mais pour qui connaît les réseaux actuels, qui cheminent finalement autour des mêmes grandes écoles et institutions et dont seul le leitmotiv semble avoir changé (le libéralisme, rien que le libéralisme), la lecture de ce livre d’histoire s’avère particulièrement utile pour comprendre comment naissent les idéologies économiques en France. Et comment de puissants réseaux d’influence et de financement les portent en avant sur la scène médiatique, sous couvert de simples débats d’idées.

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Un commentaire

  1. CQFD N°080

    LES VIEUX DOSSIERS D’IFFIK

    ENLÈVE TA CAGOULE
    Mis à jour le :21 juillet 2010. Auteur : Iffik Le Guen.

    http://cequilfautdetruire.org/spip.php?article2264

    ES TURPITUDES ACTUELLES du clan Sarkozy nous donnent l’occasion de retracer l’histoire des liens entre L’Oréal et le monde politique, une histoire qui n’a bien sûr pas commencé avec le petit ami des plus grosses fortunes de France, pas plus qu’elle n’est située exclusivement à droite. Il faut attendre les années trente pour que le chimiste préféré des coiffeurs et néanmoins fondateur de la marque L’Oréal, Eugène Schueller, s’intéresse aux coulisses de la chose publique. Depuis le début du siècle, il s’était plutôt consacré à construire sa fortune et sa légende à grands jets de tirades prophétiques (« Nous sommes en un siècle de beauté ») ou de propos d’arrière-boutique (« Le client, c’est le Bon Dieu du commerçant »). Mais quand il va ressentir l’urgence de l’engagement, il va tout de suite frapper très fort. En 1934, la IIIe République est aux abois : les ligues d’extrême droite, royalistes ultras en tête, se saisissent des scandales politico-financiers dans un contexte de crise économique persistante pour précipiter l’agonie de « la Gueuse ». Las, pour le plus grand effroi des liguards et de leurs alliés de la grande bourgeoisie, les fameuses 200 familles, l’instabilité politique débouche sur le triomphe du Front populaire qui commence par dissoudre les factions en question. Nous sommes en juin 36 et les plus radicaux des militants de l’Action française décident de rentrer dans la clandestinité en créant l’Organisation secrète d’action révolutionnaire nationale (OSARN), connu aussi sous le nom de Comité secret d’action révolutionnaire (CSAR), suite à une faute de frappe des services de police. L’une des cellules du mouvement (celle de Nice dirigée par Joseph Darnand, le futur chef de la Milice) adopte les rituels du Ku Klux Klan, ce qui donnera le sobriquet de Cagoule, moqué par les pontes de l’Action française. Le fondateur, Eugène Deloncle, est un ami intime de Schueller qui mettra à sa disposition moyens et locaux de réunion. Là, entre deux bons coups de Taittinger et une louche de caviar, l’OSARN reçoit le gratin des services secrets fascistes et nazis venus quémander la prise en charge de quelques basses besognes (assassinats d’opposants, trafic d’armes au profit de Franco) en échange de fonds. En novembre 37, pensant l’affaire entendue avec plus de 100 000 membres et un stock d’armes impressionnant, les cagoulards se risquent à un putsch qui rate lamentablement.Pourtant les complicités jusqu’aux plus hauts sommets de l’état-major ne manquaient pas, tels les généraux Weygand et Gamelin qui se montreront bien moins empressés à bouter la Wehrmacht hors de France en mai 40. Avec l’arrivée de Pétain au pouvoir, c’est la délivrance pour Deloncle, Schueller et certains proches comme André Bettencourt (le futur gendre et PDG de la multinationale du sourire éternel) ou son pote François Mitterrand. Les deux premiers s’engagent ouvertement dans la collaboration la plus décomplexée, le troisième prend ses ordres directement de la Propaganda Staffel et dirige l’organe La Terre française où on lui doit quelques articles antisémites sans ambiguïté. Quant au quatrième, il émarge auprès de la bureaucratie vichyste pour mieux la subvertir de l’intérieur, comme il l’affirmera plus tard. Un jeu de dupes que Bettencourt va également pratiquer bien avant les signes avant-coureurs de la défaite du Reich… fin 42. À cette date, il part en Suisse soigner l’amitié franco-américaine en rencontrant les dirigeants de l’OSS, pas Jean Dujardin,mais l’ancêtre de la CIA. Du coup, en 45, la solidarité entre anciens cagoulards va fonctionner à plein : Mitterrand et Bettencourt obtiendront la clémence envers Schueller qui les nommera à des postes importants du groupe L’Oréal tout en organisant, avec la double bénédiction de l’Opus Dei et des Américains, le recyclage des « tueurs » de la Cagoule, comme Jacques Corrèze ou Jean Filliol, dans ses filiales ibériques et étatsuniennes. Schueller-Bettencourt, un parcours tout en nuance donc, qui pourrait très bien se résumer par un slogan très en vogue dans les années trente, « plutôt Hitler que le Front populaire », et dont la variante contemporaine pourrait être « ploutocrate que rouge » !

    Article publié dans CQFD n°80, juillet/Août 2010, actuellement en kiosques.


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