Fuite organisée des patrons voyous, après leurs méfaits chez Meadwestvaco Emballage (ex Saint-Gobin) à Châteauroux

Suite de notre précédent billet sur les Meadwestvaco:

A lire un article sur le journal Le Monde:
A Châteauroux, l’amertume des salariés de Meadwestvaco
LEMONDE pour Le Monde.fr | 14.06.10 | 18h43

On a de la haine, de la rancœur, mais ce n’est pas dans notre intérêt de perdre notre calme. » Juché sur des palettes empilées à la hâte en guise d’estrade, Thierry Jambu, élu CGT au comité d’entreprise, tente de s’adresser sereinement aux salariés de l’usine Meadwestvaco à Châteauroux (Indre), propriété d’une multinationale américaine spécialisée dans la production d’emballages.

Tous se retrouvent livrés à eux-mêmes depuis le départ de la direction mercredi 2 juin et l’annonce de la prochaine fermeture du site. Désarmé, le personnel n’a pas trouvé d’autre solution, pour tenter de préserver ses droits, que d’occuper les lieux. Implantée à Châteauroux en 1965, l’usine a déjà connu plusieurs plans sociaux. En 2008, la direction a notamment supprimé 94 emplois dans le cadre d’un plan de sauvegarde de la compétitivité. Une mesure qui a laissé un goût amer aux employés.

« Nous avions signé devant le préfet des accords pour cinq ans pour augmenter notre temps de travail de 20% et baisser nos salaires en échange d’une promesse d’investissement dans une nouvelle machine », explique José Loureiro, délégué CFDT, avant de préciser que la machine n’est jamais arrivée. Aujourd’hui, les salariés accusent la direction d’avoir bafoué ses engagements, ce que confirme la préfecture. « Certains salariés ont cru qu’ils étaient sauvés et ont acheté des maisons », poursuit José Loureiro.

Ils sont plusieurs dizaines ce matin à s’être déplacés à l’usine malgré la pluie pour écouter le compte-rendu de Thierry Jambu. Derrières les grilles fermées, d’énormes rouleaux de carton entravent l’entrée du site. Au milieu du parking désert, quelques palettes finissent de brûler. Sur le sol, des dizaines de cartons d’emballage pour Heineken, Kronenbourg ou Labeyrie, principaux clients de l’usine. « Nous avons décidé de refaire la décoration », plaisantent quelques salariés.

« UNE LIQUIDATION BOURSIÈRE PURE ET SIMPLE »

Installée à l’arrière d’un poids lourd, transformé pour l’occasion en quartier général, l’équipe du matin surveille le « trésor de guerre », du matériel de production, que la direction veut transférer en Allemagne. « On veut nous délocaliser », craint un ouvrier. Avec près de 20 ans d’ancienneté chez Mead Emballage, Francis Rosier dénonce la duplicité des dirigeants: « J’ai déjà connu une fermeture autrefois mais celle-ci est plus douloureuse parce qu’on nous a constamment menti. J’ai l’impression de vivre un 11-Septembre et de recevoir un avion en pleine figure ».

L’inscription « patrons-voyous » orne les murs de l’usine. Pour la direction européenne du groupe, la décision de fermer l’usine répond à une dégradation de la situation économique: « Le site de Châteauroux a plusieurs faiblesses, auxquelles nous avons essayé de remédier, notamment des problèmes de coûts, d’organisation industrielle et de compétitivité », explique-t-elle.

Des déclarations qui laissent les 162 employés de Châteauroux sceptiques. « Il s’agit d’une liquidation boursière pure et simple, répond José Loureiro. Nous avions pourtant des carnets de commandes pleins. » Dans cette région où l’emploi industriel connaît de sérieuses difficultés, l’usine fait partie du paysage et sa fermeture est un choc pour de nombreux employés, pour qui il s’agit souvent d’une histoire de famille. « Ca me fait un pincement au cœur, raconte Christophe Weiss. Mead Emballage me nourrit depuis trente-huit ans. Mon père y a travaillé pendant plus de trente ans avant que mes frères et moi soyons embauchés. »

Aujourd’hui, les salariés de Meadwestvaco sont réalistes. Ils veulent avant tout revenir sur les conditions de départ proposées par la direction, notamment un congé de reclassement de neuf mois et un budget de formation de 4 640 euros par salarié. Des propositions jugées insuffisantes comparées aux moyens du groupe. Le préfet a convoqué cette semaine les salariés et la direction pour renouer le dialogue. Mais les employés ont prévenu : ils ne quitteront pas l’usine avant d’avoir obtenu satisfaction.

Zeliha Chaffin
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