Union Départementale CGT de l’Isère: position à propos du débat sur l’identité nationale.

Grenoble, le 25 novembre 2009

 

 

 

Lettre ouverte à Monsieur le Préfet de l’Isère

 

 

Monsieur le Préfet,

 

Vous vous apprêtez à nous convoquer pour participer au débat initié par le gouvernement sur l’identité nationale.

 

Autant vous le dire clairement, nous ne viendrons pas.

 

Nous sommes ce qu’il est communément appelé un corps social, inséré dans la République et contributif de son espace démocratique.

 

Nous mesurons donc que ne pas se rendre à une sollicitation du représentant de l’Etat n’est pas banal et porte un sens politique.

 

Nous ne viendrons pas parce que nous ne sommes pas dupes de l’opération à visée électorale, à destination de l’extrême-droite.

 

Nous ne viendrons pas, parce que pour nous, l’identité d’une Nation ne peut être marquée d’un quelconque sceau ministériel et encore moins d’une hypothétique loi la définissant.

 

Pour nous, quand un gouvernement entend cadrer ce qui relève de la mémoire historique, il y a tout lieu de s’inquiéter de la qualité de notre démocratie.

 

L’histoire du syndicalisme est liée intimement, sans en avoir l’exclusivité, à nombre de grandes réalisations sociales.

 

La protection sociale, le mutualisme, la structuration de services publics contribuant à l’égalité de traitement des citoyens, le code du travail….

 

Ce sont en définitive des règles communes qui fondent largement notre République auxquelles le syndicalisme a contribué.

 

Ce sont souvent les capacités de révolte, de contestation de l’ordre établi, quand il met en danger le commun qui ont permis à ce pays de développer un haut niveau d’exigences sociales.

 

Il ne serait y avoir pour nous, de rapport entre le citoyen et la nation, déconnectés de la question sociale.

 

Dans la mesure où ce gouvernement- là, réforme après réforme, adapte les pratiques publiques aux seuls besoins de la finance, dénoue les solidarités, il ne serait être question pour la CGT de participer de quelque manière que ce soit, à cette mascarade dont l’objet essentiel semble de justifier une politique d’agression envers les populations les plus fragiles de notre territoire.

 

L’identité d’une Nation, n’est pas le fruit d’une négociation, mais le résultat de faits historiques, de rapport de forces sociaux et politiques.

 

Notre pays, et notre département singulièrement ont creusé leurs développements par l’apport de citoyens venus d’autres Nations.

 

Par leur force de travail, ils ont contribué aux grands travaux structurant notre économie, dans l’industrie singulièrement.

 

Ils ont fait de leurs apports une richesse, contribué au rayonnement de la France dans le monde par la capacité de notre société à accueillir, former, éduquer les citoyens quelles que soient leurs origines sociales et géographiques.

 

Le Ministère de l’immigration est synonyme pour nombre de nos concitoyens (et nous pensons à juste titre), de Ministère de la discrimination, de l’arbitraire et de la stigmatisation.

 

Notre contribution « au vivre ensemble », à nous, c’est notre engagement aux côtés des salariés sans-papiers pour leur régularisation, pour que ceux-ci puissent devenir des citoyens à part entière, à égalité de droit avec les autres salariés, ce n’est pas la division entretenue de manière démagogique par ce gouvernement qui au final tire vers le bas, l’ensemble des droits sociaux et des garanties collectives.

 

Notre engagement à nous ce n’est pas une séance en salons préfectoraux d’auto- congratulations d’une France chauvine qui se prendrait pour le phare du monde, mais les solidarités que nous construisons avec les syndicalistes à travers le monde pour une élévation des conditions de vie et d’existence sur l’ensemble de la planète.

 

Notre engagement à nous, c’est l’action pour le maintien, le développement de services publics, au service de tous, que l’on habite à la ville ou à la compagne, et cela quel que soit le niveau social de nos concitoyens.

 

Notre engagement à nous, c’est la mobilisation pour la défense de nos emplois industriels, qui fondent la richesse sociale, économique, et culturelle d’une nation développée.

 

Pour toutes ces raisons, Monsieur le Préfet, et pour bien d’autres, nous ne participerons pas à une réunion sous l’égide d’un Ministère que nous considérons comme le pire Ministère que la République ait connue depuis la Libération.

 

Recevez, Monsieur le Préfet de l’Isère, nos salutations Républicaines.

 

 

Pour l’Union Départementale CGT de l’Isère,

Patrick VARELA,

Secrétaire général

 

 

 

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